D’année en année…
De 1905 à 1925
Le Canada
Le 21 février 1905, Sir Wilfrid Laurier présente au parlement du Canada un projet de loi qui crée dans les territoires deux grandes provinces appelées la Saskatchewan et l’Alberta. Adoptée le 29 juin 1905, la loi ne vient en vigueur que le 1er septembre suivant.
L'Alberta
La première législature de l’Alberta ouvre le 15 mars. Elle se compose de vingt-cinq membres présidés par M. Charles-W. Fisher. À l’époque, l’Alberta compte 72 841 habitants.
Bonnyville
Moose Lake
Le missionnaire-colonisateur de l’Alberta, l’abbé Joseph Albéric Ouellette, vient de Montréal avec une trentaine de chefs de familles. Au printemps de 1907, le père Therien réalise son rêve de coloniser la région de Moose Lake (près de Bonnyville).
Les associations francophones
Fondée en 1894, la Société Saint-Jean-Baptiste se modernise en 1908. Le comité administratif et les anciens membres de la direction sont remplacés par un simple bureau de direction composé d’un président, d’un trésorier et de quatre directeurs.
L'Église
Le père Lacombe fonde la maison Lacombe à Midnapore. Sous la direction des religieuses de la Providence, cette maison abrite de nombreux orphelins et des personnes du troisième âge.
Les politiciens francophones
L’organisation du Club Laurier débute au mois de mars 1910. L’élite de la communauté francophone veut créer un organisme politique destiné à représenter la communauté comme une entité distincte et on espère qu’avec le temps on arrivera à persuader toutes les sociétés libérales des centres francophones de l’Alberta de se regrouper en une organisation générale.
L'Église
Les religieuses de la Charité de Notre-Dame d’Evron arrivent en Alberta en 1911 et s’installent à Saint-Jean suite à l’invitation du père Leduc, vicaire général des Oblats et lui-même originaire d’Evron. Elles resteront à Saint-Jean plus de cinquante ans.
Les associations francophones de l’Alberta
Une réunion a lieu à l’église Saint-Joachim pour voir à l’organisation d’un comité paroissial du Parler français fondé au Québec en 1902 dans le but de promouvoir la langue française et les intérêts de ceux qui la parlent. En 1911, la société québécoise prépare un grand congrès qui doit réunir tous les francophones du pays du 24 au 30 juin 1912.
L'Église
En 1913, l’église catholique se restructure. La nouvelle province ecclésiastique comprend, en plus de l’archidiocèse d’Edmonton, le nouveau diocèse de Calgary, le vicariat apostolique d’Athabasca et le vicariat apostolique d u Mackenzie. La province ecclésiastique de Saint-Boniface comprend dorénavant l’archidiocèse de Saint-Boniface, l’évêché de Régina, l’évêché de Prince-Albert et le vicariat apostolique du Keewatin. Le nouveau diocèse de Calgary est confié à Mgr John T. McNally du diocèse d’Ottawa, le 2 avril 1913.
Les associations francophones de l’Alberta
Un deuxième cercle de l’ACJC (Association catholique de la jeunesse canadienne-française) est organisé dans la paroisse Saint-Joachim. Le cercle portera le nom de l’incomparable missionnaire canadien de l’Ouest le père Lacombe. Comme le premier cercle fondé en 1913, celui-ci se donne pour mandat de préparer les jeunes à travailler pour la survie et le bien-être de la langue et de la foi. Le président est l’avocat N. Laliberté.
L’Alberta
Les lois
En 1915, le gouvernement albertain ramène à l’ordre les enseignants qui se permettent de faire trop d’explications en français à leurs élèves francophones à qui ils doivent, selon la loi, s’adresser en anglais tout en gardant le droit d’expliquer en français.
L'Alberta
Au moment de la parution du « Recensement des provinces des Prairies » en 1916, il y a maintenant 24 286 habitants d’origine française en Alberta sur une population totale de 496 525 habitants. A Edmonton il y a environ 2 604 francophones sur une population totale de 53 846 habitants. La communauté francophone est alors le deuxième groupe culturel en importance dans la ville.
Les associations francophones
Le Cercle Jeanne d’Arc renaît en décembre 1917. Sous la présidence de M. Joseph Déchène on ajoute à la section dramatique de l’ancien Cercle Jeanne-d’Arc une section musicale et une section littéraire chargée des concours littéraires annuels.
Les associations francophones
Le Cercle dramatique Jeanne-d’Arc élargit ses cadres; il a été complètement réorganisé avec A. Hervieux comme directeur et U.-J. Biais comme gérant; il comprend des sections séparées de littérature, de musique et de théâtre.
Les politiciens francophones
Pour la communauté francophone, la représentation à la Commission des écoles séparées est de première importance dans la lutte pour le maintien des droits du français à l’école. Jusqu’en 1926, la communauté réussit à faire entrer trois francophones à la commission formée de sept membres. De 1918 à 1924, ces trois personnes sont J.-H. Gariépy, J.-H. Picard et Paul Jenvrin. Après 1924, C.-E. Barry remplace J.-H. Gariépy. Lors des élections de 1926, seulement deux commissaires francophones sont élus : C.-E. Barry et C.-E. Gariépy. Barry est remplacé en 1927 par J.O. Pilon.
Les associations francophones
Quarante membres de la communauté se rencontrent et jettent les bases du Conseil Lavérendrye des Chevaliers de Colomb, le premier d’expression française dans l’Ouest. Julien LeBlanc est le premier grand chevalier. Le Conseil ne tarde pas à mettre sur pied le Club Lavérendrye, un centre de rencontre pour tous les groupes francophones de la ville.
Une personnalité intéressante
En mars 1920, à la mort du juge J.-C. Noël, Lucien Dubuc est choisi comme membre canadien-français de la magistrature albertaine. Sa première affectation, en octobre 1920, est le district du nord d’Edmonton; en février 1922, il est nommé juge cadet du district d’Edmonton. A ce titre il est, en mai 1924, le premier juge dans l’histoire de l’Alberta à entendre une cause plaidée entièrement en français.
L'éducation
En 1921, le Collège des Jésuites, qui est officiellement affilié à la Faculté des arts de l’Université Laval, fait passer ses premiers examens finaux de niveau universitaire et cinq étudiants obtiennent un baccalauréat es arts: Paul Poirier, Roméo Ketchen, Adrien Voyer, Fanning Boileau et Ellis Brown.
L'Alberta
Le poste anglais du Edmonton Journal, CJCA, est créé. Le directeur est M. Dick Rice. L’ouverture officielle a lieu le Ier mai 1922. Quelques années plus tard, CJCA devient un des postes de base de la Commission canadienne de la radio (CCR) et un des postes du réseau de la Société Radio-Canada (SRC) jusqu’à ce que la SRC crée son propre poste de diffusion CBX à Lacombe.
Les associations francophones de l’Alberta
Le Cercle Jeanne-d’Arc se convertit en société incorporée. Le prix des actions est de 10 $ et les membres fondateurs sont MM. Jenvrin, Longoz, Lefort (président), Cardinal (vice-président), Féguenne (trésorier), de Savoye, (président de la section littéraire), Hervieux (président de la section dramatique), Pépin (président de la section musicale) A. Baril, (responsable de la section du recrutement et de la publicité et des amusements).
Les services francophones
Les journaux
Georges Bugnet remplace François-Xavier Boileau à titre de rédacteur du journal L’Union. Bugnet avait été à l’emploi de plusieurs journaux de France avant 1905, date à laquelle il est attiré dans la région de Lac-la-Nonne en Alberta. Bugnet s’implique dans les activités sociales de la communauté et est un des promoteurs de l’ACFA.
L’Association canadienne-française de l’Alberta
Plus de 400 personnes venues de tous les coins de la province assistent à un grand banquet à l’hôtel Macdonald afin d’y poser les bases d’une association générale regroupant toute la population francophone de l’Alberta. L’idée a déjà été exprimée dès 1909 mais plusieurs facteurs, la guerre en particulier, en a empêché la réalisation.
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