Chronologie

De 1926 à 1948

1926

Le Canada

Le très honorable Arthur Meighen est premier ministre du Canada de juin 1926 à septembre 1926 (gouvernement Union du 29.06.1926 au 25.09.1926).

William Lyon Mackenzie King est premier ministre du Canada de septembre 1926 à 1930 (gouvernement libéral du 25.09.1926 au 07.08.1930).

Edmonton

En 1926, il y a trois postes de radiodiffusion à Edmonton : le Edmonton Journal exploite CJCA, le International Federation of Bible Students exploite le poste CHCY et Jim Taylor et Hugh Pearson, propriétaires de Radio Supply Co. Ltd., exploitent le poste CFCK qui sera vendu à la University of Alberta pour devenir CKUA le 21 novembre 1927.

Les politiciens francophones

Aux élections de 1926, Léonidas.-A. Giroux est élu dans le comté de Grouard et L. Boudreau à Saint-Albert pour le Parti libéral. Pour le UFA, L. Joly est élu à Saint-Paul et A. Delisle dans le comté de Beaver River. Delisle a défait JosephM. Déchène.

Deux des sept membres de la Commission scolaire des écoles séparées sont des francophones : C.-E. Barry et C.-E. Gariépy. Barry est remplacé par J.O. Pilon en 1927.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

La première réunion du comité provisoire de l’ACFA a lieu à Saint-Joachim le 19 janvier 1926. M. Gariépy est nommé secrétaire pour cette première assemblée. Mgr Pilon, le président d’assemblée, annonce qu’il a été nommé chapelain de l’association. Il faut choisir un autre président. Le Dr Amyot est élu unanimement. M. De Savoye est élu secrétaire de l’association. M. Gariépy est élu trésorier et M. Lachance est élu vice-président. On nomme alors un comité de Constitution. On s’entend pour qu’il y ait un premier congrès en juin ou juillet et l’on nomme un comité du congrès. M. Rioux accepte la position de secrétaire général le 5 mai 1926 pour un salaire de 2 400 $ par année. Il est, à l’époque, viceprésident de l’Association libérale de Saint-Albert et recenseur. Rioux informe l’exécutif qu’il va se dégager de ces deux responsabilités.

L’ACFA est officiellement fondée lors de son premier congrès qui a lieu au Memorial Hall du 15 au 18 juillet. On annonce une première séance le jeudi soir, trois séances le vendredi, trois le samedi, une grand-messe à Saint-Joachim le dimanche matin et enfin une séance de clôture le dimanche soir en présence de hautes personnalités de l’Alberta et des voyageurs de l’Université de Montréal car le premier congrès coïncide avec l’arrivée des excursionnistes de l’Université de Montréal (un groupe de personnes de l’Est qui fait ce qu’on appelle à l’époque un voyage de liaison). Parmi les invités spéciaux de ce premier congrès il y a donc M. le chanoine Chartier, le vice-recteur de l’Université de Montréal, M. Lionel Bergeron, sous-ministre de l’Éducation du Québec, M. A. Filteau, inspecteur des écoles du Québec, M. Médéric Martin, maire de Montréal et plusieurs journalistes du Québec représentant Le Canada, Le Devoir, La Presse, Le Droit, L’Action Catholique, Le Soleil, La Tribune et La Patrie.

Le dîner du dimanche est offert par M.C. Gibbs, maire suppléant de la ville d’Edmonton. Les voyageurs et les membres du congrès vont ensuite présenter leurs hommages au lieutenant-gouverneur de l’Alberta puis ils se rendent à la University of Alberta où un thé leur est servi. Ils sont accueillis par le Dr Tory et le doyen Kerr. M. A. Boileau présente le mot de la fin. Lors de ce premier congrès, il est résolu d’appuyer l’organisation d’un second voyage de liaison des Canadiens français de l’Ouest dans la province de Québec en collaboration avec les compagnies de chemin de fer. On décide aussi de réclamer aux compagnies d’élévateurs des gardiens d’élévateurs et des acheteurs de grain capables de parler français. Le premier président élu est le Dr J.-E. Amyot. Le vice-président est T. Gobeil, le secrétaire est H. de Savoye et Georges Bugnet est le trésorier. Le premier secrétaire général est J.-A. Rioux.

L’éducation

Lors du premier congrès de l’ACFA du 15 au 18 juillet 1926, un congrès de spécialistes tient sa première rencontre le jeudi 15 après-midi. Cette rencontre réunit les maîtres bilingues, les commissaires et les secrétaires d’écoles.

On rapporte la formation du comité provisoire de l’Association des instituteurs bilingues de l’Alberta lors du congrès de l’ACFA de 1926 et on ajoute que MM. Racette et Sylvestre s’occupent de l’organisation, du recrutement et de la formulation de la constitution.

En juillet 1927, il y a un total de 83 instituteurs bilingues dans la province. Dans les procès-verbaux des réunions de l’exécutif de l’ACFA de 1927, on annonce que l’association des instituteurs bilingues de l’Alberta compte maintenant 43 membres. Dans le compte rendu du deuxième congrès de l’ACFA tenu du 22 au 24 juillet 1927, on présente le rapport du Comité des instituteurs.

Présidée par Rosaire Racette, l’AIBA se fixe comme objectifs

a) de veiller à l’application entière et efficace du programme officiel de français tel que le gouvernement l’autorise;

b) de protéger la classe enseignante bilingue de l’Alberta au point de vue financier;

c) de faciliter les rapports entre les instituteurs et les commissions scolaires de l’Alberta;

d) d’aider à l’enseignement efficace du français par le truchement des inspecteurs.

L’AIBA disparaît au fil des ans et est remplacée par l’Association des éducateurs bilingues de l’Alberta (AEBA) en 1946.

Villeneuve

Le premier cercle paroissial de l’ACFA est formé à Villeneuve en mai 1926. Selon l’article 6 des constitutions refondues et adoptées le 19 juillet 1929, les membres de l’ACFA sont groupés en cercles paroissiaux sous la juridiction d’un comité composé d’un président, d’un vice-président, d’un secrétaire-trésorier et de deux conseillers ou plus. Sans les cercles paroissiaux (locaux), l’ACFA perd sa raison d’être puisque le but essentiel de l’ACFA est de rassembler toutes les forces françaises de la province. En décembre 1926, il y a déjà vingtsept cercles paroissiaux. Edmonton en a trois : Immaculée-Conception, Saint-Joachim et Saint-Edmond.

Calgary

Fondation du Cercle de Calgary de l’ACFA.

Les services francophones

L’ACFA met sur pied un comité pour l’installation de bibliothèques paroissiales. On va écrire à diverses institutions du Québec pour obtenir des livres gratuitement. La Société Saint-JeanBaptiste de Montréal sera le centre de collecte de tous les livres obtenus à Montréal.

Les associations francophones de l’Alberta

En juin 1926, l’Association des anciens élèves du Collège des Jésuites voit le jour. L’association des anciens a des buts à caractère social, sportif et théâtral. Conscients de l’influence qu’ils exercent, ils commencent la publication hebdomadaire d’un article dans la Survivance en janvier 1930. Ces articles sont signés par Paul Poirier, le Dr Bernard Malo et l’abbé Roméo Ketchen. L’association entreprend aussi une collecte de fonds pour le Collège des Jésuites qui éprouve de graves ennuis financiers. Les solliciteurs recueillent tout près de 3 000 $.

L’Église

Fondées à Nicolet en 1891, la congrégation des Soeurs de l’Assomption-de-la-Sainte-Vierge arrive en Alberta en 1899. Elles viennent établir le couvent de l’Assomption, un édifice de cinq étages érigé au coin de la 98e rue et de la 108e avenue. En septembre 1926, le couvent ouvre ses portes à soixante étudiantes. Dès le début, les élèves suivent le cours Lettres-Sciences de l’Université Laval tout en couvrant les matières prescrites par le ministère de l’Instruction publique de PAlberta. Toutes les matières s’enseignent en français.

En mars 1961, on bénit l’édifice neuf qui contient seize classes, le jardin d’enfants, le laboratoire de sciences, les trois salles d’Arts ménagers, les treize salles de musique, la salle de chant, et le gymnase-auditorium. Trois ans plus tard, on ajoute une bibliothèque, une salle familiale pour les pensionnaires, un laboratoire de langue et une résidence pour cinquante pensionnaires.

En 1972, les Soeurs de l’Assomption-de-laSainte-Vierge viennent habiter dans le quartier francophone à Edmonton. Depuis 1986, la plupart des soeurs sont réunies à la Résidence Assomption, près de la Cité francophone.

Saint-Albert

Le père Alphonse Jan devient curé de la paroisse de Saint-Albert.

Cold Lake

À Cold Lake, la Banque de Commerce remplace la Banque d’Hochelaga.

Saint-Paul-des-Métis

Les Soeurs grises arrivent à Saint-Paul pour prendre la direction de l’hôpital.

Legal

En 1926, pour la première fois à Legal, on célèbre la Fête de Dollard-des-Ormeaux à titre de fête canadienne-française nationale.

La première réunion des Dames de SainteAnne de Legal a lieu le 23 mai 1926. En mars 1931, les dames s’affilient à l’Archiconfrérie de Sainte-Anne-de-Beaupré. En octobre 1966, l’organisation change de nom et devient le Mouvement des femmes chrétiennes, un mouvement entièrement francophone.

1927

Le Canada

Le mot ‘postes’ apparaît pour la première fois sur les timbres commémoratifs du 60e anniversaire de la Confédération et sera maintenu par la suite.

Dans le compte rendu du 2e congrès de l’ACFA qui a eu lieu du 22 au 24 juillet 1927, on retrouve une motion de félicitations de la part de l’ACFA écrite à l’intention du ministre des Postes du Canada. Une copie de la motion sera remise au ministre et à l’honorable Mackenzie King, premier ministre du Canada.

Edmonton

CKUA, le poste radiophonique de la University of Alberta est créé.

L’Église

Création du vicariat apostolique de Grouard. Mgr J. Guy, est le premier titulaire. En 1938, Mgr U. Langlois est nommé à Grouard. En 1945, Mgr H. Routhier est sacré évêque coadjuteur de Grouard.

Par décision de Rome, la province oblate de PAlberta-Saskatchewan devient française et à compter de 1928, le Juniorat Saint-Jean devient une institution de langue française.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

Le deuxième congrès général de l’ACFA a lieu du 22 au 24 juilllet 1927. Le 22 juillet, les instituteurs bilingues de la province se réunissent en session de pré-congrès. M. Boileau est élu président, le Dr Amyot vice-président, M. H. de Savoye est élu secrétaire et G. Bugnet, trésorier. Parmi les dignitaires figurent M. Bury, maire d’Edmonton, et M. Kerr, doyen des Arts et Sciences de la U of A. On accepte plusieurs résolutions. Entre autres, on demande la nomination d’un agronome canadien-français.

Le Dr. A. Boileau est élu président de l’ACFA

L’éducation

M. Racette, secrétaire-trésorier des instituteurs bilingues de l’Alberta (AIBA), dit qu’il y a 83 instituteurs bilingues dans la province à l’époque.

Le compte rendu de la réunion de l’ACFA du 5 janvier 1927 rapporte que le gouvernement du Québec peut envoyer immédiatement soixante instituteurs ou institutrices qui seront répartis dans les trois provinces des Prairies. Semble-til que M. Baker, ministre de l’Instruction publique de l’Alberta, a accepté la proposition de son collègue du Québec. Dans le compte rendu du 4 mai 1927, M. Rioux, le directeurgénéral, rapporte cependant que suite à son entrevue avec le ministre albertain, il y a peu d’espoir que celui-ci autorise l’emploi en Alberta d’instituteurs de la province du Québec. Le ministre semble hésitant au sujet de l’acceptation des diplômes d’instituteurs de la province du Québec.

Dans le compte rendu de la réunion de mars 1927, M. Rioux rapporte que le ministre de l’Instruction publique de l’Alberta a reconnu un diplôme issu de l’École normale de Nicolet et que de semblables diplômes seront acceptés en Alberta avec un diplôme temporaire d’une année et l’obligation pour le titulaire de suivre des cours d’une session de Summer School.

Donnelly

La Chambre de commerce de Donnelly est fondée.

Girouxville

Le premier élévateur à grain dans le district de Girouxville fut bâti par le United Grain Growers en 1927. Le premier gérant était Oliva Giroux. L’année suivante, l’Alberta Pacifie a aussi bâti son propre élévateur et son premier agent fut Sylvio Gibeault.

En 1928, on déménage Girouxville deux miles plus à l’ouest. Le premier élévateur à grain est construit au nouveau site en 1930 par le Midland and Pacifie Grain Co. et le gérant est Hector Verstraete. Victor Limoges y apporte la première charge d’avoine et Albert Dechief la première charge de blé à l’automne de 1930.

Saint-Edouard

Au printemps de 1927, on commence l’extension de la voie ferrée du Canadian National de Saint-Paul à Heenan. En 1931, le nom de la gare est changé à Edouardville pour s’identifier plus spécifiquement à la population établie autour du hameau de Saint-Edouard.

La Croix du chemin à la frontière ouest de Saint-Edouard est érigée le 26 mai 1927.

Histoire/Recherche

Un comité est établi dans le but d’ériger une statue du père Lacombe et de voir à la préservation de la première chapelle de Saint-Albert. Les membres de ce comité sont M. Kenneth McLeod, président de la Old-Timer’s Association, le père Jan, le secrétaire John Blue, le sénateur Lessard, le maire A.U.G. Bury d’Edmonton, le Dr Biais et Joseph Lambert de Saint-Albert. La statue est inaugurée le 21 juillet 1929.

Littérature

L’ACFA fait parvenir une lettre au doyen Kerr de la University of Alberta pour le remercier de la sympathie qu’il a de nouveau montrée à l’égard des Canadiens français en publiant une anthologie composée d’extraits d’auteurs canadiens-français.

Une personnalité intéressante

J.-H. Gariépy meurt en 1927.

De 1927 à 1930, le père Ubald Langlois est curé de Saint-Joachim. Il avait été professeur au Juniorat Saint-Jean de 1915 à 1923 et assistantdirecteur du journal Le Patriote de l’Ouest. En 1929, il est nommé provincial de la province oblate d’Alberta-Saskatchewan, poste qu’il occupe jusqu’en 1938.

1928

Le Canada

En 1928, il y a au Canada quelque 75 postes émetteurs de faible puissance y compris le Réseau des chemins de fer nationaux et au moins 300 000 récepteurs. Déjà les postes américains envahissent les ondes et la radiodiffusion est une réalité qu’on ne peut ignorer. Le gouvernement libéral de MacKenzie King crée une commission d’enquête sur la radiodiffusion connue sous le nom de la Commission Aird-Frigon.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

M. le Dr Petitclerc est élu président de l’ACFA le 21 juillet 1928.

M. R. Laplante est nommé secrétaire-général de l’ACFA.

Les services francophones

La radio

Le 19 décembre 1928, les auditeurs français de CJCA, le premier poste radiophonique albertain établi en mai 1922, entendent sur les ondes un des organisateurs du Wheat Pool, Louis Normandeau, qui explique en français le travail de cet organisme. Cette première utilisation du français à la radio locale révèle à l’élite de la communaut é les possibilités que les ondes offrent pour la promotion de la langue et de la culture françaises.

Les journaux

Le journal La Survivance est publié pour la première fois le 16 novembre 1928. Il a été fondé par l’ACFA sous la présidence du Dr Petitclerc avec l’aide des Oblats. Le nouveau journal est l’organe officiel des associations françaises de l’Alberta et de Colombie-Britannique. Le journal est publié par la Western Veteran Publishings Co. Ltd. En janvier 1929, l’Imprimerie canadienne ‘La Survivance’ est créée et devient responsable de la publication du journal.

En 1934, la compagnie change son nom à La Survivance Printing Ltd. En 1934, Gérard Forcade en est directeur et Maurice Lavallée l’éditeur. La même année, Forcade lance La Survivance des jeunes qui est d’abord publié en mai 1934. Forcade utilise le pseudonyme Gérard Le Moyne.

Au fil des ans, La Survivance a plusieurs rédacteurs : Rodolphe Laplante (du 16 novembre 1928 au 23 octobre 1930), le père Achille Auclair (de octobre 1930 à août 1934), Maurice Lavallée (du 15 août 1934 au 17 janvier 1935), Paul Sauriol (du 23 janvier 1935 au 4 septembre 1935), le père Alonzo Gobeil (du 11 septembre 1935 au 27 juillet 1938), le père Gérard Forcade (du 3 août 1938 au I er mars 1939) (Gérard Le Moyne de La Survivance des jeunes), le père Paul-Emile Breton (du 8 mars 1939 au 2 septembre 1953), le père Séverin Pelletier, le père Jean Patoine (du 9 septembre 1953 au 27 février 1957), Herman Morin (du 6 mars 1957 au 28 août 1957) le père Jean Patoine (du 4 septembre 1957 au 5 août 1964), le père Clément Tourigny (du 12 août 1964 au 4 août 1965) et Jean-Maurice Olivier (du 11 août 1965 au 8 novembre 1967).

Au temps de Jean Patoine, le journal est tiré à quelque 4 000 exemplaires.

La Survivance change de nom en 1967 et devient le Franco-albertain. Olivier (du 15 novembre 1967 au 18 mars 1970) occupe toujours le poste d’éditeur. Il est remplacé par Normand Ferrier LeClerc (du 25 mars 1970 au 21 octobre 1970). Olivier, appuyé de Paul Denis, occupe le poste du 28 octobre 1970 au 10 février 1971. André Collin est directeur du 17 février 1971 au 11 août 1971 et Paul Denis est co-éditeur du 18 août 1971 au 29 octobre 1971.

Jean Patoine reprend alors son poste de directeur pendant cette période et l’occupe jusqu’à sa mort en septembre 1972. Guy Lacombe est alors nommé directeur/éditeur en mai 1974 mais quitte en 1976. Par la suite, les éditeurs sont Yvan Poulin (du 3 novembre 1971 au 20 décembre 1972), Guy Fournier (du 17 janvier 1973 au 28 février 1973), Arthur Gélinas (du 7 mars 1973 au 26 avril 1973), Jacinthe Perrault (du 2 mai 1973 au 15 mai 1974), Guy Lacombe (du 22 mai 1974 au 20 octobre 1976). Gaétan Tremblay et Francine Gagné sont éditeur du 26 octobre 1976 au 29 juin 1978 et Maxim Jean-Louis à compter du 5 juillet 1978.

En 1979, le journa l devient Le Franco. Maxim Jean-Louis est éditeur du 23 février 1979 au 4 juillet 1980 et Sylvie Pollard-Kientzel du 11 juillet 1980 au 22 juillet 1981. Paul Denis est engagé le 29 juillet 1981. Il sera remplacé par Pierre Brault qui sera remplacé à son tour par Nathalie Kermoal.

Les Oblats qui financent le journal depuis de nombreuses années vendent Le Franco-Albertain à l’ACFA pour la modique somme de 1 $. Bien que l’ACFA soit propriétaire du journal, Le Franco est un journal indépendant sur les plans administratif et rédactionnel.

L’éducation

Par décision de Rome, la province oblate de PAlberta-Saskatchewan devient française en 1927. L’année suivante le Juniorat Saint-Jean devient une institution de langue française. La même année Saint-Jean s’affilie officiellement à l’Université d’Ottawa. En 1931, Saint-Jean adopte le programme du ministère de l’Éducation de l’Alberta jusqu’en 12e année. On maintient l’affiliation à l’Université d’Ottawa pour les Belles-lettres et la Rhétorique.

Beaumont

À Beaumont, le père Gaborit organise un groupe d’hommes portant le nom de La ligue du Sacré-Coeur.

Calgary

La paroisse Sainte-Famille de Calgary est fondée en 1928.

Fondation des Dames de Sainte-Famille à Calgary.

Girouxville

L’éducation

Le district de Girouxville 4352 est établi le 4 octobre 1928. Avant, les élèves fréquentaient l’école de Falher demeuraient au couvent ou ils étaient placés dans les missions à Grouard ou à Peace River. Girouxville ouvrait sa première classe à l’automne 1929. En 1930, on construit la première école comprenant deux salles de classes. Au début, une seule est employée puisqu’il n’y a qu’une seule institutrice. En septembre 1930, on ouvre la deuxième classe. Les écoles Bélanger, Gauthier, Gougeon et Pelletier sont construites en 1930. L’école de Culp est ouverte en 1933 et l’école Lefebvre en 1935. En 1940, toutes les écoles deviennent une partie de la division scolaire de McLennan 48. Le nom McLennan School Division 48 est changé à celui de High Prairie School Division 48 en 1946.

La construction de l’hôtel Brien de Girouxville commence en août 1928. L’hôtel ouvre ses portes en février 1929. En 1928, Eugène Jutras ouvre une salle de billards, Mme Léonide (Eugène Pigeon) un restaurant et Bruno Turcotte une boucherie. L’année suivante Hormidas Hamel installe un magasin.

En 1928, on décide de déménager Girouxville deux milles plus à l’ouest. La paroisse NotreDame de Lourdes de Girouxville est fondée en 1928. L’ouverture officielle a lieu le 8 décembre. L’abbé Hamelin est le premier curé résident. Mais il ne reste qu’une année seulement et après Noël 1928, le père Cozanet vient dire la messe deux fois par mois. L’abbé Normandeau lui succède en 1929.

Saint-Paul

En 1926, les Soeurs grises prennent en main les soins hospitaliers à Saint-Paul. L’hôpital Sainte-Thérèse-de-1’Enfant-Jésus de Saint-Paul, dont la construction remonte à la fin de 1926, est ouverte le 16 août 1827. Une nouvelle extension est complétée pour l’ouverture officielle le 2 août 1930.

L’ACFA régionale de Saint-Paul existe depuis 1928 alors qu’elle était connue sous le nom de Cercle paroissial de Saint-Paul.

Une personnalité intéressante

Arrivé du Québec en 1920, le docteur JeanLouis Petitclerc vient à Edmonton après avoir servi comme major dans l’armée canadienne durant la première guerre mondiale. Il s’associe au Dr Biais jusqu’en 1927, date à laquelle il est engagé comme professeur-adjoint de chirurgie à l’Université de l’Alberta. Il est président de l’ACFA de 1928 à 1932 alors qu’il accepte le poste prestigieux de chirurgien en chef de l’Hôpital du Précieux-Sang de Québec.

1929

Le Canada

Créée en 1928 par le gouvernement libéral de MacKenzie King, la Commission d’enquête sur la radiodiffusion, la Commission Aird-Frigon, invite l’ACFA à exprimer son avis sur la question de la radiodiffusion au Canada. La Commission dépose son rapport aux Communes en septembre 1929 mais aucune de ses recommandations ne traite de bilinguisme.

L’Église

Dévoilement du monument du père Lacombe par son vieil ami, le sénateur Pat Burns de Calgary, qui avait payé le monumen t de bronze. Le comité responsable du monument et de la cueillette des fonds pour la conservation de la première église de Saint-Albert (1861) avait été organisé par le père Jan.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

La première réunion du nouvel exécutif du cercle Saint-Joachim de l’ACFA. Le cercle a 79 membres.

Le Dr J. L. Petitclerc est réélu président-général lors du quatrième congrès de l’ACFA.

Les services francophones

La radio

Le 24 juin 1929, le jour de la Saint-Jean-Baptiste, un concert en français organisé par l’abbé Roméo Ketchen, est diffusé sur les ondes de CKUA, le poste de la University of Alberta. Les artistes sont Alice et Albertine Lessard, Emilie Paradis, Olive Brosseau, Gertrude Baril et René LeBlanc.

L’éducation

Le Cercle Jeanne-d’Arc continue à étendre l’influence de son concours annuel de français. Selon le compte rendu de l’ACFA du 7 février 1929, le concours est devenu tellement important qu’en 1929 on en passe le contrôle à l’Association canadienne-française de PAlberta (ACFA) qui établit un comité ad hoc nommé par le comité exécutif. C’est alors que l’ACFA décide de fonder son Comité des concours de français qui compte trois membres : le président Rosaire Racette, membre du comité exécutif de l’ACFA et professeur à l’école bilingue de Lamoureux ainsi que Conrad Fouquette et Maurice Lavallée, professeurs à l’ancien Collège des Jésuites à Edmonton. Ceux-ci acceptent d’établir l’organisation des concours de français à l’échelle provinciale. On obtient les fonds nécessaires grâce à la générosité de quelques amis francophones d’Edmonton.

C’est M. Racette qui en assure l’organisation lors de la première année. M. Racette étant malade, on confie alors l’organisation à M. Lavoie, secrétaire de l’AIBA. En avril 1931, un comité composé du père Routhier, de M. Poirier et du secrétaire-général se charge d’organiser le concours. En mars 1932, on propose que Lucien Maynard soit embauché pour la tâche. En octobre 1933, il est décidé d’engager M. Maurice Lavallée. Il va s’y dévouer pendant de très nombreuses années.

Toujours sous les auspices de l’ACFA, c’est à compter de 1946, l’année de sa fondation que l’AEBA s’occupe de l’organisation des concours. L’examen compte cinq sujets différents : la grammaire, la composition, la littérature, l’histoire et la dictée. La liste des lauréats et les résultats des examens sont chaque année publiés dans La Survivance.

En 1929, 52 écoles participent au concours et deux bourses sont accordées. En 1934, 3 500 élèves de 91 écoles participent et quatre bourses sont décernées. En 1955, on rapporte que 3 915 élèves de la 3e à la 12e année ont écrit le dernier examen. En 1959, le nombre est monté à 5 000 et il y a 6 000 étudiants qui participent au concours de cathéchisme trois fois par année.

Sous la direction de leur président Henri de Savoye de la University of Alberta, les membres du Cercle Jeanne-d’Arc organisent une distribution de prix pour les étudiants des écoles publiques qui obtiennent les meilleures notes aux examens de français dans le but de faire prendre conscience à la communaut é anglophone de l’importance du français.

En septembre 1929, lors d’un banquet organisé au club Lavérendrye pour distribuer les prix, le ministre de l’Éducation, P. Baker et le maire Bury prononcent des discours très élogieux à l’égard de cette entreprise. M. J.T. Ross, sous-ministre, M. le doyen Kerr de la U of A et M. G.A McKee, surintendant des écoles publiques, commissaires et professeurs, l’honorable sénateur P.E Lessard, J. J. Leblanc, inspecteur des écoles séparées et le Dr Petitclerc, président de l’ACFA y sont aussi.

En 1929, P. Baker, le ministre de l’Instruction publique, dépose devant l’Assemblée législative un projet de loi qui vise à rassembler en vingt grands districts les nombreuses petites divisions scolaires de la province. La communauté francophone s’oppose à ce projet de loi connu sous le nom de Bill Baker en déclarant qu’il supprime l’autonomie locale et que sous le nouveau système, elle ne peut être assurée de l’embauche d’instituteurs francophones.

En réalité la communauté craint que la création de plus grandes divisions ne permette pas aux francophones d’en conserver aucune sous un contrôle français comme le sont alors plusieurs petits districts ruraux. Une telle perte de contrôle entraînerait dans plusieurs écoles des districts ruraux à grande majorité français la fin de la pratique courante d’utiliser la langue française comme langue d’enseignement au-delà de l’heure quotidienne permise par les règlements.

L’opposition au projet de loi fait en sorte que le projet est mis de côté pour la session de 1929. En 1930, Baker dépose un projet modifié. Ce projet aussi est retiré. Lors de la session de 1931, les députés francophones se rendent compte qu’ils ont obtenu tous les changements possibles dans les circonstances et votent pour le projet de loi.

Bonnyville

Les Soeurs de la Charité d’Evron occupent le nouvel hôpital à Bonnyville. Mgr O’Leary le bénit le io août 1931.

Le 19 septembre 1929, Bonnyville devient un village et le Dr Sabourin en est le maire. Avant cette date, la communauté était connue sous le nom de Saint-Louis de Moose Lake. Bonnyville est incorporée comme ville le 16 février 1948 avec M. A. Muller comme premier maire.

Le Dr Sabourin ouvre une pharmacie à Bonnyville en 1929-30.

Falher

Falher devient un village incorporé.

Girouxville

Avant 1929, tous les enfants du district de Girouxville vont en pension au couvent à Falher ou à la mission Saint-Augustin à Peace River et avant cela à la mission à Grouard. En 1928, le premier district scolaire est organisé et une école à deux classes reçoit des élèves en mars 1930 avec Mme Mary (Hector) Verstraete comme première institutrice. En 1930, les districts Gougeon et Landry se sont organisés et en 1931, les districts Pelletier, Gauthier et Bélanger s’organisent à leur tour. On compte 200 enfants qui fréquentent les écoles.

Saint-Paul-des-Métis

Les Chevaliers de Colomb de Saint-Paul reçoivent leur charte les identifiant sous le nom de Conseil Grandin No 2715.

1930

Le Canada

Le très honorable Richard Bedford Bennett est premier ministre du Canada de 1930 à 1935 (gouvernement conservateur du 07.08.1930 au 23.10.1935).

L’Église

La paroisse Saint-Joachim d’Edmonton

En novembre 1930, le père Albert Chartrand devient curé de Saint-Joachim où il exerçait déjà les fonctions de vicaire. Il est remplacé en août par le père Armand Boucher qui sera curé de Saint-Joachim de 1931 à 1944.

Les politiciens francophones

Aux élections provinciales en juin 1930, trois députés libéraux francophones sont élus : L.-A. Giroux dans Grouard, J. Miville-Déchène dans Saint-Paul et H.H. Dakin dans Beaver River. Il remplace M. Delisle. Un seul candidat francophone du United Farmers of Alberta, l’ancien libéral Orner Saint-Germain, se fait élire dans la circonscription de Saint-Albert. Il a défait L. Boudreau, député depuis 1909. En 1934, SaintGermain annonce sa décision de passer au camp libéral du gouvernement Brownlee.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

M. Ubalde Baudry est embauché à titre de secrétaire-général de l’ACFA. Il remplace Rodolphe Laplante. L’association s’empresse de trouver un local pour y établir le secrétariat. En novembre, on annonce que l’offre d’un bureau dans l’édifice La Survivance est acceptée à 1o $ par mois.

En juin 1930, le gouvernement provincial nomme un agronome bilingue en la personne de M. J.H. Tremblay de Kapuskasing. C’est une des victoires importantes de l’ACFA. Après lui il y aura Jean-Marie Fontaine et Laurent Gareau.

Les services francophones

La radio

A compter de novembre 1930, grâce à l’obligeance de Dick Rice, le directeur du poste, CJCA diffuse des concerts en français le lundi soir, deux fois par mois. Ces concerts d’une demiheure chacun sont sous les auspices de l’ACFA et se poursuivent durant les années subséquentes.

La première émission du genre est diffusée le 24 novembre 1930. Mlle Emilie Paradis a bien voulu se charger de l’organisation. Les artistes qui participent à ce premier concert sont Mlle Bérengère Mercier, soprano, accompagnée par Mlle Gertrude Baril; le père Humbert, accompagné par le père Picard du Collège des Jésuites, M. Paul Tougas violoniste, accompagné au piano par Mlle Constance Gagné. Chaque morceau est annoncé en anglais et en français par M. Brissette. Le président de l’ACFA, le Dr Petitclerc dit aussi quelques mots.

Le troisième radio-concert de l’ACFA a lieu sur les ondes de CJCA et met en vedette la chorale de la paroisse Saint-Joachim sous la direction de Gédéon Pépin. On dira :

« Ils ont furieusement bien chanté vos semblables de Saint-Joachim : Mme Lambert, le Dr E. Boissonneault, M. Morin et tous vos choristes peuvent rendre jaloux bien des choeurs de Montréal. »

Le centre francophone

Mgr Guy bénit le nouvel édifice de La Survivance.

Beaumont

La paroisse de Beaumont organise « Les enfants de Marie », un groupe de jeunes filles.

Joussard

La paroisse Sainte-Anne de Joussard est fondée en 1930.

Saint-Paul-des-Métis

L’église de Saint-Paul est construite. Les plans sont de Viau et Venne de Montréal, architectes de l’Oratoire Saint-Joseph sur le Mont Royal. L’église est bénie par le père Larose et la première messe chantée par le père Therien, fondateur de la paroisse. Le père Langlois, provincial, fait l’allocution. La colonie de Saint-Paul a été fondée en 1896 par les Oblats. Saint-Paul est devenu un hameau en 1909. L’église devient la cathédrale en 1948.

Tangent

La paroisse des Saints-Martyrs canadiens de Tangent est fondée en 1930.

Le théâtre

Après 1930, le Cercle Jeanne-d’Arc se lance dans la production de pièces de théâtre à la radio.

1931

L’Alberta

L’Alberta compte 731 605 habitants dont 79 197 Edmontoniens.

D’après le recensement officiel de 1931, la population canadienne-française de l’Alberta se chiffre à 38 377. La population française de l’Alberta se répartit ainsi :

• 3 654 personnes dans les cités et villages
• 1 755 personnes à Calgary
• 673 personnes à Saint-Paul
• 470 personnes à Saint-Albert
• 434 personnes à Morinville

Districts :

• 8 413 personnes dans Edmonton et la région
• 5 296 personnes dans Athabasca et la région
• 3 743 personnes à Falher, Girouxville, Donnelly, Guy etc.
• 3 233 personnes dans Calgary et la région.

L’Église

La population catholique francophone du diocèse a atteint 25 933 âmes et celle d’expression anglaise 34 144. La population catholique est desservie par 64 prêtres anglophones et 16 francophones.

Les politiciens francophones

P.-E. Lessard meurt en 1931.

Associations francophones de l’Alberta

Mlle Yvonne Sylvestre, la présidente fondatrice des Bonnes amies, est décédée le 24 août 1931.

1932

Le Canada

Le 26 mai 1932, le Parlement canadien fait passer la Loi canadienne de la radiodiffusion. La loi crée la Commission canadienne de la radiodiffusion (CCR) qui a deux fonctions : assurer aux radiophiles canadiens un service national de radiodiffusion et régir toute radiodiffusion au Canada.

La commission a été créée suite aux recommandations contenues dans le rapport de la Commission royale d’enquête sur la radiodiffusion mieux connue sous le nom de Commission Aird-Frigon.

Dans un premier temps, la CCR se concentre sur la production d’émissions et leur transmission par des relais nationaux ou régionaux à partir de postes en location. C’est une mesure temporaire en attendant que la commission achète des stations existantes ou en construise de nouvelles. La CCR est dissoute et remplacée par la Société Radio-Canada en 1936 suite à une controverse au sujet du bilinguisme.

Les politiciens francophones

Georges Roy meurt en 1932.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

Le 8 juin 1932, le juge Lucien Dubuc est élu président général de l’ACFA. Il est réélu en juillet 1933 lors du septième congrès de l’ACFA.

M. Léo Belhumeur est embauché à titre de secrétaire-général de l’ACFA.

Réélu président de l’ACFA au congrès de janvier 1932, le Dr J.-L. Petitclerc donne sa démission le n mai 1932. Il quitte la province.

Les services francophones

La radio

En 1932 (certaines sources disent 1931), CKUA radiodiffuse un cours de français en cinquante leçons donné par Hector Allard, un professeur de la University of Alberta.

Falher

Lors d’une assemblée générale de l’ACFA tenue à Falher, M. Léo Belhumeur le secrétaire-général de l’ACFA, prend l’initiative d’inviter les élèves à participer. Les jeunes lui proposent alors d’avoir une organisation semblable à l’ACFA mais bien à eux. On rédige une constitution et l’AvantGarde de Falher est fondée le Ier avril 1932. Le 6 avril de la même année, l’Avant-Garde de Donnelly débute à son tour sous le nom d’Avant-Garde Belhumeur. Chaque semaine La Survivance publie les comptes rendus de leurs réunions (selon l’historien Hart, le groupe des Avant-Garde serait plutôt né en 1933).

Le but de l’Avant-Garde est de développer chez les jeunes Canadiens français de l’Alberta un filial attachement à la Sainte Eglise et un patriotisme éclairé.

Guy

La paroisse Saint-Guy de Guy est fondée en 1932 (certaines sources disent 1931).

Jean-Côté

La paroisse du Sacré-Coeur de Jean-Côté est fondée en 1932 (certaines sources disent 1935).

Lac-la-Biche

En 1914-1915, le Northern Railway avait construit un magnifique hôtel au bord du Lac-laBiche. Le 2 décembre 1932, la compagnie offre de vendre son hôtel au diocèse. L’affaire traîne en longueur et à l’été de 1937 on s’adresse enfin aux Filles de Jésus qui ont déjà des religieuses à la mission du Lac-la-Biche et à Plamondon. Les religieuses vont y ouvrir un hôpital.

La musique

Depuis le début du siècle, un mouvement de la renaissance grégorienne poursuit sa marche. L’âme du mouvement est Pie X, le Pape musicien, qui a demandé que son peuple « prie sur de la beauté » et qui s’est donné la mission de répandre l’amour de la musique d’église.

En 1932, le chant grégorien trouve un terrain fertile au Juniorat Saint-Jean d’Edmonton et cela à cause de l’arrivée du père Charlemagne Jacques. Celui-ci est l’élève du compositeur l’abbé Turcotte de Trois-Rivières à qui l’on doit plusieurs des pièces de La Bonne chanson, puis de Dom David, le génie de la réédification grégorienne et de la diffusion du mouvement. Le père Jacques est aussi diplômé de l’École de musique sacrée de l’Université d’Ottawa.

La musique et le théâtre

La chorale de Saint-Joachim présente une grande soirée dramatique et musicale. On a mis à l’affiche une jolie opérette avec solos, duos et trios ainsi qu’une très fine comédie en deux actes. Les oeuvres en question s’intitulent « La chasse de Henri IV » et « Ma fille et mo n bien ». Gédéon Pépin s’occupe de la musique, Alphonse Hervieux du théâtre et Gérard Baril, le régisseur du Cercle Jeanne-d’Arc, s’occupe de la mise en scène. Il y a un orchestre et une chorale pour agrémenter les entractes.

Le théâtre

En novembre 1932, Alphonse Hervieux, l’un des fondateurs du Cercle Jeanne-d’Arc, commence à mettre sur pied et à diriger sa dernière pièce comme directeur artistique. Cette pièce, « Moi » comprend dans sa distribution de jeunes talents comme Laurier Picard, Gérald Baril, Gérald Saint-Germain et Jacques Jenvrin. Suite à la retraite d’Hervieux, l’activité dramatique du Cercle Jeanne-d’Arc perd de sa vigueur.

1932-1933

Les services francophones

La radio

C’est l’année la plus riche en production d’émissions françaises locales. A compter de novembre 1932, sur une période de sept mois, CJCA diffuse vingt-cinq concerts français auxquels 295 personnes participent, quelquesunes dans plusieurs émissions. C’est un tour de force pour l’époque. M. Jenvrin, l’organisateur indique avoir reçu environ trois cents lettres, plusieurs télégrammes et un nombr e incalculable d’appels téléphoniques.

De semaine en semaine, ce sont les regroupements, les artistes et les institutions de la communaut é qui acceptent d’organiser les concerts français : le pensionnat des Soeurs de l’Assomption, le Collège des Jésuites, le Juniorat Saint-Jean, le Collège Séraphique des Franciscains, la chorale de l’ImmaculéeConception et celle de Saint-Joachim, le Cercle Lavérendrye des Chevaliers de Colomb, le Cercle Jeanne-d’Arc, la Société des dames de Saint-Joachim, la Société des artisans canadiens-français, le Cercle Bellarmin de l’ACJC, les Bonnes amies, les anciens élèves du Collège des Jésuites et la petite chorale de Saint-Joachim. De la campagne, il y a les gens de Bonnyville, de Vimy, de Legal et de Morinville et des familles telles que les Martin, Pépin et Boissonneault, le trio Passe-temps et Mlle Bérangère Mercier, soprano.

1933

L’Alberta

En janvier 1933, le United Farmers of Alberta (UFA) s’affilie officiellement à la Cooperative Commonwealth Federation (CCF) qui vient d’être fondée en août 1932 au congrès de Calgary.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

En octobre 1933, l’ACFA étudie la possibilité d’organiser une ‘Journée de l’ACFA’ telle que pratiquée en Saskatchewan et au Manitoba. Il s’agit d’une journée de prélèvement de fonds en vue d’améliorer la situation financière de l’Association. La première aura lieu en février 1934.

Les services francophones

La radio

Le 25 février 1933, l’ACFA fait parvenir une lettre à Hector Charlesworth, président de la Commission canadienne de la radio (CCR), lui demandant que les programmes de la CCR, un organisme fédéral établi en 1932 suite à la Commission royale d’enquête sur la radiodiffusion (La Commission Aird) soient bilingues. En mai 1933, la Commission met en ondes plusieurs émissions en provenance de Montréal. Lors de ces émissions, on annonce le contenu de l’émission en français et en anglais. Ceci déclanche un déluge de protestations de la part de la presse et du public anglophone dans les Maritimes, en Ontario et dans l’Ouest. On estime que le français n’a pas de statut officiel en dehors de la province de Québec. Peu à peu, la CCR va éliminer l’utilisation du français. On l’accuse alors d’avoir perdu sa crédibilité puisque la commission s’est laissée influencer par la pression du public. La CCR est dissoute en 1936.

L’éducation

L’ACFA annonce des cours de pédagogie pour les instituteurs et institutrices bilingues qui veulent se perfectionner. Les cours sont prévus pour la première semaine de juillet. Les cours sont repris l’année suivante.

M. Maurice Lavallée est engagé secrétaire du concours de français de l’ACFA. Sa carrière en soutien à l’éducation française s’étendra jusqu’en 1970.

Therien

La paroisse Sainte-Agnès de Therien est fondée en 1933.

La musique

Lors d’une soirée organisée par l’ACFA locale de Saint-Joachim, un magnifique programme musical est donné par l’orchestre Pépin composé de M. Gédéon Pépin, le directeur, du père Boucher, de Mme Georges Lambert, de Mlle Alice Pépin, de M. Napoléon Pépin, de M. A. Pépin, de M. Gérard Baril et de M. Châtain.

Le théâtre

En mai 1933, un nouveau groupe de théâtre prend la relève suite à la retraite d’Alphonse Hervieux du Cercle Jeanne-d’Arc. Laurier Picard dirige le Théâtre français.

Une personnalité intéressante

Stanislas LaRue meurt en 1933 (certaines sources disent 1930).

1934

Le Canada

Le gouvernement fédéral crée le Bureau des traductions.

L’Alberta

Richard Gavin Reid est le premier ministre de l’Alberta (gouvernement United Farmers qui accède au pouvoir le 10.07.1934).

Les politiciens francophones

J.-H. Picard meurt en 1934.

J.-O. Pilon est réélu pour siéger au bureau de la Commission des écoles séparées d’Edmonton.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

Réélu en juillet 1934, M. le juge Lucien Dubuc démissionne comme président général de l’ACFA. Il est remplacé en août 1934 par M. le Dr Beauchemin, un médecin québécois installé à Calgary. Ce dernier occupera le poste jusqu’en 1946 et deviendra l’un des grands défenseurs de la radio française dans l’Ouest.

Les services francophones

Le livre

L’édition de La Survivance du 5 décembre 1934 rappelle à ses lecteurs l’importance de visiter le magasin Pigeon dont la bibliothèque française est une spécialité. M. Pigeon a toujours un assortiment complet de livres de classes pour PAlberta et la Saskatchewan et il est le dépositaire officiel de l’Ouest pour la maison Albert Lévesque de Montréal reconnue pour ses éditions de volumes canadiens-français.

Les journaux

Créé en mai 1934, La Survivance des jeunes est l’organe du mouvement des Avant-Garde créé par Léo Belhumeur, le directeur-général de l’ACFA. Le petit journal est une publication mensuelle insérée dans le journal La Survivance et il est préparé sous la direction du père Gérard Forcade qui utilise le pseudonyme ‘Gérard Le Moyne’.

L’éducation

M. Maurice Lavallée, responsable des concours de français de l’ACFA, rapporte que 91 écoles ont participé au concours avec un total d’environ 3 300 élèves.

En 1934, Ie père Joseph Fortier devient visiteur des écoles en Alberta.

Le père Forcade est nommé président du Comité des Avant-Garde, un groupe de jeunes de l’ACFA.

Le théâtre

En octobre 1934, les membres de la chorale de Saint-Joachim interprètent une pièce inédite franco-albertaine de Mme Emma Morrier : « Bon sang ne ment pas ». La pièce sera jouée au festival de théâtre à Calgary en février 1935. Les interprètes sont M. et Mme Alphonse Hervieux, Mme H.-H. Tremblay et Mlle Gabrielle Hervieux. C’est la première fois qu’une pièce française est présentée en Alberta depuis le début de ce festival. Le groupe de Saint-Joachim concourt contre dix autres clubs de langue anglaise. Le club français est vainqueur du concours régional et se rend au concours national d’Ottawa en avril.

Le Festival national de théâtre est l’inspiration de Son Excellence le comte de Bessborough, gouverneur général du Canada. Le festival offre trois trophées : un au meilleur cercle dramatique anglais, un autre au meilleur cercle français et le troisième au cercle jugé le plus remarquable de tous les concurrents. À la demande de Son Excellence, des comités ont été formés dans chaque province en vue d’organiser des concours éliminatoires. En Alberta, The Alberta Dramatic League constitue le comité régional et est présidée par E.A. Corbett, directeur du Department of extension de la U of A.

1935

Le Canada

Le très honorable William Lyon Mackenzie King est premier ministre du Canada de 1935 à 1948 (gouvernement libéral du 23.10.1935 au 15.11.1948).

L’Alberta

William Aberhart est le premier ministre de l’Alberta (gouvernement Social Credit qui entre au pouvoir le 03.09.1935). Le Crédit social défait les Fermiers-unis au pouvoir depuis 1921 et garde sans interruption le pouvoir pendant 36 ans, de 1935 à 1971.

Les politiciens francophones

En 1935, C.-E. Gariépy est élu président de la Commission scolaire séparée d’Edmonton.

Lucien Maynard, avocat bilingue et ancien élève du Collège des Jésuites, se présente pour le Parti crédit social dans le nord-est de l’Alberta où il organise les deux circonscriptions de Beaver River et de Saint-Paul. Le premier ministre Aberhart l’invite dans son conseil en 1936. Il est nommé ministre sans portefeuille. Il est un des plus jeunes ministres de l’Empire dit-on dans La Survivance. En 1943, il devient procureur général, poste qu’il occupe jusqu’en 1957.

Suite aux élections fédérales en octobre 1935, René-Antoine Pelletier de Falher, candidat du Parti crédit social dans la circonscription d’Athabasca, devient le premier Canadien français résident de l’Alberta à siéger à la Chambr e des communes. Il est remplacé en 1940 par J.H. Sissons.

J.W. Beaudry gagne au Crédit social le siège de Saint-Paul aux élections provinciales du mois d’août 1935. Il remplace Joseph M. Déchène.

L.-A. Giroux, le « whip » du Parti Libéral au cours des cinq années précédentes, est réélu dans Grouard aux élections provinciales du mois d’août 1935.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

En 1935, l’ACFA compte 41 cercles paroissiaux.

Les associations francophones de l’Alberta

Trois nouveaux cercles des Avant-Garde sont créés : le Cercle Pierre Boucher, le Cercle Madeleine de Verchères et le Cercle Therien. Le groupe des Avant-Garde est né en 1932 (certaines sources disent 1933) grâce aux efforts de Léo Belhumeur, le directeur-général de 1ACFA.

L’année 1935 marque le début du scoutisme francophone. À la fin avril 1935, un grand spectacle de 2 500 scouts en uniforme avec leurs drapeaux de troupe se déroule devant 3 000 personnes à l’arène d’Edmonton. On reçoit le fondateur des scouts du monde entier, Lord Baden-Powell. Il dira :

« …je souhaite la plus cordiale bienvenue dans le mouvement à cette nouvelle troupe canadienne-française qui fut formée à Edmonton vendredi, juste à temps pour prendre part à notre ralliement. » (L. S., Ier mai 1935)

Cette première troupe francophone porte le nom Troupe 27e Edmonton et son chef est M. Gérard Baril.

Le commerce

Fondation de la Caisse populaire SainteFamille à Calgary, première coopérative francophone de la province.

Les services francophones

Les journaux et la radio

De 1935 à 1938, le père Gobeil est rédateur de La Survivance. Il sera largement responsable du travail de la Ligue des radiophiles, organisme albertain qui lutte pour l’obtention de la radio française en Alberta.

L’éducation

L’ACFA fait publier le ‘Vocabulaire français gradué’ préparé par l’Association des instituteurs bilingues de l’Alberta (AIBA).

Les francophones fondent l’Association des commissaires d’écoles de langue française de l’Alberta (ACBA). Le premier président est M. J.-O. Pilon. En 1941, on compte environ 200 commissaires d’écoles de langue française et 95 écoles où le français est enseigné une heure par jour. En 1957, Paul Chauvet est le président de l’ACBA.

Le père Fortier s’occupe de recruter des membres pour l’Association des instituteurs bilingues de l’Alberta.

Le théâtre

La troupe du Cercle dramatique de Saint-Joachim remporte le championnat provincial au Festival dramatique de Calgary. La seule pièce française à être présentée contre dix anglaises, est applaudie et reçoit une véritable ovation de plus de i 600 personnes lorsque le résultat est annoncé. À leur retour de Calgary, le premier ministre Reid et le maire d’Edmonton, M. J.-A. Clarke se font un devoir et un plaisir de venir féliciter les artistes à la gare.

1936

Le Canada

Une modification à la Loi sur la Banque du Canada prévoit que les billets de banque seront désormais bilingues.

La loi créant Radio-Canada est promulguée le 2 novembre 1936. La Société Radio-Canada remplace la Commission canadienne de la radiodifussion créée en 1932 et dissoute en 1936. Le nouveau président est Leonard Brockington, un avocat de Winnipeg. La nouvelle société est dirigée par un conseil d’administration composé de neuf gouverneurs choisis pour représenter les différentes régions du pays. La gestion est confiée au major Murray et à Augustin Frigon.

L’emploi du français consiste à améliorer le service au Québec par la création d’un réseau français fonctionnant sur une base régionale. Pour les francophones à l’extérieur du Québec, il y a quelques programmes bilingues, quelques annonces bilingues, un certain nombre de solos et de choeurs français.

Cela suscite la création d’un groupe de pression, la Ligue des radiophiles franco-canadiens. Le siège de la Ligue est à Edmonton. Son objectif est d’améliorer le service en langue française au Québec et à l’extérieur. La Ligue a peu de succès. Elle disparaît après 1937.

L’Alberta

Le gouvernement albertain introduit la législation ayant pour but le fusionnement des districts scolaires locaux et l’adoption de soixante grandes unités scolaires centralisées. L’ACFA s’élève contre l’idée car elle craint que les représentants francophones des grandes divisions puissent souvent être renversés dans leur vote. Après trois mois de travail et de pourparlers, on obtient que le gouvernement insère des clauses sauvegardant les droits des catholiques et des Canadiens français. Certaines garanties sont introduites.

On s’assure que la commission d’un district scolaire demande de l’instruction religieuse ou de l’instruction bilingue dans les premières classes conformément aux règlements existants. La commission de la grande division embauchera un enseignant à cette fin.

Article 274, clause 2 : Lorsque le bureau d’un district scolaire faisant partie d’une grande division vote une motion demandant que l’instruction religieuse soit donnée dans toute école de ce district en conformité avec les articles 156,157,158 et 159 de la loi scolaire, et envoie une copie de cette motion au bureau de la division, il sera du devoir du bureau de la division d’engager à cette école un instituteur choisi nommément par les commissaires du district : pourvu que ce choix soit manifesté au bureau de la division au moins trois semaines avant le commencement du terme de décembre et que l’instituteur accepte cette position et soit engagé.

Article 274 clause 3 : Lorsque le bureau d’un district scolaire faisant partie d’une division vote une motion demandant que l’on donne un cours primaire français dans toute école du district, et envoie une copie de cette motion au bureau de la division, il sera du devoir du bureau de la division d’engager à cette école un instituteur choisi nommément par le bureau du district pourvu que ce choix soit manifesté au bureau de la grande division au moins trois semaines avant le commencement du terme de décembre et que l’instituteur accepte cette positon et soit engagé.

De plus, si trois commissions scolaires locales ou plus ne donnent pas leur accord à l’instruction religieuse ou bilingue offerte dans leur grande division administrative, elles pourraient, à la suite d’un vote majoritaire des contribuables dans un référendum supervisé par le ministre de l’Education, se retirer du regroupement régional.

Les associations francophones nationales

Le Québec

L’ACFA travaille depuis longtemps à organiser une réunion de toutes les associations nationales du pays dans le but de créer une fédération. Une première réunion a lieu à Montréal le 19 janvier 1936. Le Dr Beauchemin, président de l’ACFA, représente PAlberta. On nomme un comité provisoire et Rodolphe Laplante, ancien rédacteur de La Survivance et ancien secrétaire-général de l’ACFA, est choisi pour représenter l’Alberta. Une deuxième réu- nion a lieu le 25 juin 1937.

En octobre 1938, ce comité devient le Comité permanent de la langue française nommé par le Comité provisoire à Québec sur la suggestion de l’ACFA. On prépare une rencontre en octobre 1938. Cet organisme va jouer un rôle important dans la question de la radio française dans l’Ouest. En 1938, M. l’abbé Gosselin, secrétaire du Comité permanent de la langue française, demande à ses membres de faire rapport sur le travail accompli depuis le Congrès de la langue française en 1937.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

Le 9e congrès de l’ACFA a lieu à l’Hôtel Macdonald et l’invité d’honneur est Son Eminence le cardinal J.M.R. Villeneuve, archevêque de Québec.

L’ACFA fait pression auprès du premier mi- nistre canadien et des membres du cabinet au sujet de l’impression de la monnaie bilingue.

En 1936, l’ACFA est fière de son travail scolaire : garanties obtenues dans la Loi des grandes unités scolaires, cours de pédagogie française introduits dans les cours d’été du ministère de l’Éducation, nouveau programme de français, organisation progressive de l’Association des commissaires d’écoles de langue française de l’Alberta, fondation de comités régionaux de l’Association des éducateurs bilingues de l’Alberta, festivals français de Morinville et de Saint-Paul, diffusion du ‘Vocabulaire français gradué’ composé en 1935 par l’Association des Educateurs bilingues de l’Alberta, développement des Avant-Garde et rayonnement de La Survivance des Jeunes, enquête suivie et méthodique sur la situation scolaire et sur les moyens de l’améliorer, progrès dans le concours de français, manuels supplémentaires français d’histoire du Canada, etc..

Un des grands artisans de tous ces succès est le père J. Fortier, président du Comité de l’enseignement de l’ACFA.

L’éducation

On annonce que les cours de pédagogie donnés par le passé sous les auspices de l’ACFA sont offi- ciellement inclus dans le programme des cours d’été à la University of Alberta. L’ACFA organise des cours d’été depuis 1933. L’association a obtenu du gouvernement qu’un cours de péda- gogie française ou Primary French soit inclus dans les cours d’été. Après deux ans,l’université a sus- pendu le cours parce que le nombre d’institutri- ces et d’instituteurs qui le suivaient était insuffisant.

Le 9 décembre 1936, La Survivance annonce que le ministère de l’Education de l’Alberta vient de publier le nouveau programme de français autorisé dans les écoles bilingues pour les ‘grades’ I -VIII. L’édition du journa l du 13 décembre rapporte qu’il y a onze ans (en 1925) quand le ministère a publié le règlement sur l’enseignement du français, il a, en même temps, approuvé un programme de français.

Mais en 1936, on désire que ce programme soit modifié et mieux adapté à la situation scolaire de l’époque. L’ACFA a obtenu du ministère l’autorisation de rédiger un nouveau programme et de le mettre à l’essai dans les écoles. M. Marcel Denault, les Soeurs de l’Assomption et d’autres membres du personnel enseignant ont travaillé à l’élaboration d’un programme de français semblable au City Outline du Programme of Studies of the Elementary Schools of Alberta. Le nouveau programme, rédigé d’après un plan mensuel, donne des directions précises sur l’enseignement de la lecture, de la grammaire, de l’analyse grammaticale et logique et de la composition.

Au cours de l’année scolaire 1935-36, le Comité d’enseignement de l’ACFA sous la présidence du père J. Fortier fait une enquête au sujet du nouveau programme auprès des enseignants et fait les ajustements demandés. Le programme est alors proposé au gouvernemmnt à la fin juin. Le gouvernement l’approuve tel quel et le publie. 

Saint-Paul

Saint-Paul-des-Métis prend le nom de Saint-Paul et devient un village.

La musique

À compter de 1936, la chorale d u Juniorat Saint-Jean est sous la direction du père Lucien Pépin. Ce dernier dirige la chorale de Saint-Jean lors de sa tournée au Québec en 1949 et lors de sa participation à l’ouverture du poste CHFA également en 1949. Il est remplacé par le père Douziech en 1950.

Le théâtre

Le Cercle dramatique de Saint-Joachim se rend à Lamoureux pour jouer la pièce « Aime Dieu et va ton chemin » de Mme Emma Morrier, une auteure franco-albertaine.

1937

Les associations francophones nationales

Québec

Le Deuxième congrès de la langue française a lieu à Québec le 27 juin 1937. (Le premier congrès de la langue française avait eu lieu en 1912.) C’est un ralliement des populations de langue française autour du problème de leur survivance. L’Alberta francophone est représentée par une délégation d’adultes et d’avant-gardistes (groupe de jeunes).

Les membres du congrès composé de près de 3 ooo Canadiens français et Franco-Américains vivant tous hors Québec ont adopté une résolu- tion demandant de créer un comité provisoire chargé de fonder une fédération.

Le Comité permanent du deuxième congrès devient le Comité permanent de la survivance française en Amérique chargé de porter à la connaissance des autorités religieuses et civiles les problèmes des minorités françaises et de demander une solution à ce problème.

Le Comité permanent sera une force active dans l’obtention de la radio française dans l’Ouest. En 1952, le conseil a organisé un congrès qui a duré 10 jours et qui regroupait près de 6 000 personnes et tout cela avec 50 000 $. L’âme dirigeante est l’abbé Paul-Emile Gosselin. Le Dr Beauchemin sera le représentant des Franco-Albertains pendant de nombreuses années. Il sera succédé en 1957 par Jean Patoine et plus tard par le Juge André Déchène qui sera lui-même remplacé par Roger Motut.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

M. Belhumeur donne sa démission comme secrétaire-général de I’ACFA à cause des difficultés financières de l’association. On forme alors un comité volontaire de secrétariat et le père Fortier est nommé chef du secrétariat. On va, par contre, garder le bureau à l’édifice La Survivance. M. Laurent Hébert devient secrétaire-général en mars 1942.

Mais en 1945, l’exécutif discute à nouveau la question du poste du secrétaire-général. On estime que le père Fortier, vu son état de santé, ne pourra pas reprendre toute la charge du secré-tariat à son retour et on lui cherche un assistant.

Les associations francophones de l’Alberta

En avril 1937, il est question d’envoyer une délé- gation avant-gardiste au Deuxième congrès de la langue française qui a lieu à Québec. L’ACFA est prête à donner une bourse de 25 $ à chaque délégué. Quatre délégués albertains sont choisis. On dira par la suite que l’Avant-Garde a fait bonne figure. C’était le seul groupe de jeunes organisés des minorités canadiennes présent au congrès.

En 1938, le père Lavoie remplace le père Forcade à titre de président du mouvement des Avant-Garde. On propose aussi de changer le nom du groupe à l’Avant-Garde catholique et française et de reconnaître la séparation économique de l’Avant-Garde et de I’ACFA, ce qui va causer plusieurs discussions. En 1940, le père Breton suggère que l’on organise, pour les jeunes Canadiens français de l’Ouest, un mouvement interprovincial. Le Comité permanent accepte d’en prendre l’initiative. En avril 1940, le père Patoine devient le président du comité.

Les premières Guides prononcent leur promesse au début mai. Le groupe porte le nom la 19e troupe des Guides et leur cheftaine est Mme G. Baril.

Les services francophones

La radio

Le 18 mai 1937, le père Gobeil demande aux membres de l’exécutif si l’ACFA accepte d’appuyer la Ligue des radiophiles dans sa demande de permis pour l’exploitation d’une station radiophonique française. L’ACFA est d’accord. La demande est rejetée. On invoque comme raison qu’aucune fréquence n’est disponible à ce moment-là. 

LaCorey

La paroisse Saint-Michel de LaCorey est fondée en 1937.

1938

L’Église

Son Excellence Mgr John-Hugh MacDonald devient archevêque d’Edmonton, succédant à Mgr O’Leary.

Les Filles de Jésus quittent Saint-Albert.

Le 29 mars 1938, le père Langlois succède à Mgr Joseph Guy comme vicaire apostolique de Grouard. En 1943, il transporte le siège du vicariat de Grouard à McLennan où il construit une cathédrale et un évêché.

Les politiciens francophones

M. J.-O. Pilon est élu président de la Commission des écoles séparées d’Edmonton.

Les services francophones

Les journaux

Le Comité exécutif de l’ACFC de la Saskatchewan est en faveur de la fusion des trois hebdomadaires de langue française des provinces des prairies et demande à l’ACFA de collaborer à la réalisation de ce voeu. La Survivance va demeurer indépendante et à la suggestion du père Breton, le nouveau rédacteur, décide de publier en sous-titre « Organe de l’Association canadienne-française de l’Alberta ».

L’éducation

Après plusieurs démarches, les Canadiens français d’Edmonton ont réussi à augmenter l’horaire de français aux écoles Grandin et Sacré-Coeur : en 3e et 4e année les enfants auront désormais une heure de français par jour au lieu d’une demi-heure; en 5e et 6e année, trois quarts d’heure au lieu d’une demi-heure. Pour y arriver, on prend sur l’horaire de l’Entreprise qui se fait en français pour les Canadiens français et en anglais pour les autres. Le Dr Newland, surintendant des écoles, a donné son approbation. On a l’intention d’étendre la pratique à d’autres écoles de la province.

La pénurie d’instituteurs bilingues est encore un problème et le gouvernement est disposé à aider. M. McNally, sous-ministre de l’éducation, au nom du ministère de l’Education, a prêté deux bourses de 1oo $ pour deux normaliennes canadiennes-françaises.

Bonnyville

En fin d’année scolaire, les Soeurs de la Charité de Bonnyville quittent l’école fondée en 1920. Le 22 août 1938, les Soeurs de l’Assomption arrivent à Bonnyville. En septembre, on inaugure une nouvelle école pour les élèves de la première à la 12e année.

Fort Kent

Les Soeurs de Sainte-Croix arrivent à Fort Kent.

Nampa

La paroisse Saint-Charles de Nampa est fondée en 1938.

Le théâtre

LAlberta Dramatic League vote une proposition de soumettre à Ottawa le projet qu’il y ait toujours une pièce française envoyée de l’Alberta à Ottawa pourvu qu’elle obtienne le nombre de points requis à l’évaluation.

En mars 1938, le Cercle Molière d’Edmonton obtient la première place pour son interprétation des « Trois Masques » de Charles Mère. Alphonse Hervieux joue et Laurier Picard dirige. Le groupe représente alors l’Alberta au Festival national de London en Ontario.

Une personnalité intéressante

M. Paul-Emile Poirier est élu président de l’Association du barreau d’Edmonton.

1939

Le Canada

En 1939, Radio-Canada ouvre une station à Watrous en Saskatchewan. Les francophones y voient d’abord un moyen de régler le problème du français à la radio. Mais CBK (Watrous) ne remplit pas le rôle attendu. En avril 1940, on révèle qu’en moyenne, seulement six minutes sur 985 minutes par jour sont consacrées au français.

Edmonton

M. J.-O. Pilon est élu président de la Commission des écoles séparées d’Edmonton.

Les services francophones

On célèbre le cinquantenaire des écoles catholiques d’Edmonton.

L’Église

Les pères Oblats prennent en main la paroisse
Notre-Dame-de-Lourdes de Girouxville.

Les associations francophones nationales

Le Comité permanent de la langue française en Amérique informe l’ACFA qu’il a décidé de constituer un Comité permanent féminin auxiliaire de dix membres où les provinces de l’Ouest auront une représentante. On demande à l’Alberta d’appuyer la candidature de Madame Rodolphe Laplante, l’épouse de l’ancien rédacteur de La Survivance. Il n’y a pas de groupe féminin en Alberta à l’époque.

Le Comité permanent de la langue française en Amérique demande à l’ACFA de devenir Comité régional. En 1940, le représentant de l’Alberta est le Dr Beauchemin et Mme Laplante a été nommée sur le Comité permanent féminin. Le père Breton s’ajoute à la liste des délégués en septembre 1940.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

L’ACFA tient son 10e congrès général à la Salle Saint-Joachim d’Edmonton les 18 et 19 octo- bre. Mgr Camille Roy a été spécialement délégué pour représenter le Comité permanent de la langue française en Amérique.

L’éducation

De 1939 à 1943, l’ACFA organise un cercle d’élèves catholiques de langue française de l’École normale et leur offre des cours sur l’enseignement du catéchisme et du français et sur les droits scolaires et catholiques des Canadiens français. Plus tard, l’ACFA appuiera la création d’une école de pédagogie au Collège Saint-Jean.

Du 4 au 6 juin, on célèbre le 25e anniversaire de la fondation du Collège des Jésuites.

L’Association des commissaires d’écoles de langue française de l’Alberta tient son qua- trième congrès annuel le 11 janvier 1939. J.O. Pilon est réélu président.

Beaumont

Arrivées à Beaumont en août 1932, les Filles de Jésus font construire le couvent Notre-Dame-de-la-Paix pour remplacer la maison de Mme Lachapelle qu’elles avaient achetée à leur arrivée.

Lafond

Les religieuses de Sainte Croix arrivent à Lafond à la demande du père Paul Mailloux.

Saint-Paul

La Caisse populaire de Saint-Paul est établie le 4 mai 1939. Elle reçoit la charte numéro 18 du département des Caisses populaires de l’Alberta.

La musique

En 1939, la fanfare du Juniorat Saint-Jean prend le nom Philharmonie Saint-Jean. Elle compte 24 musiciens sous la direction du père Gaudet. Pendant de nombreuses années, Saint-Jean est surtout reconnu pour l’excellence de sa fanfare. En 1941, le journal La Survivance félicite les jeunes musiciens. Nous sommes chanceux, dit-on, de posséder une fanfare qui fait l’envie d’autres institutions. La fanfare est ressuscitée une dernière fois en 1959 par le père Duchesneau.

Les fêtes, les célébrations, les événements spéciaux

M. Milton Martin est vice-président du Comité de la réception royale à Edmonton. Le 2 juin, leurs majestés le roi Georges VI et la reine Elizabeth visitent Edmonton. Trente-cinq des grands élèves du Collège des Jésuites ont le privilège de faire partie du régiment des « Fusiliers d’Edmonton », garde d’honneur du roi.

Une personnalité intéressante

En 1939, après son ordination sacerdotale à Richelieu, le père Jean Patoine est envoyé à la paroisse Saint-Joachim d’Edmonton. De 1942 à 1944, il est supérieur du Juniorat Saint-Jean.

Tour à tour, il aura été vicaire et curé de Saint- Joachim, fondateur de la paroisse Sainte-Anne d’Edmonton, directeur et rédacteur de La Survivance, directeur-général de l’ACFA, secrétaire de Radio-Edmonton Ltée, de l’Association des éducateurs bilingues de l’Alberta, du Service d’animation sociale, membre du Conseil de la vie française en Amérique, de l’Association France-Canada, co-fondateur du Club Richelieu etc.

Alors qu’il est président du Comité permanent de la survivance française en Amérique, Mgr Roy est nommé pour un quatrième terme au poste de recteur de l’Université Laval en février 1940. Il va occuper le poste de 1924 à 1927, de 1932 à 1935 et de 1935 à 1938. Il remplace Mgr Vachon nommé archevêque coadjuteur d’Ottawa.

Le père Paul-Emile Breton est nommé rédacteur et directeur du journal La Survivance en 1939. Il y restera 14 ans. Il devient aussi le secrétaire-général de l’ACFA. Le dossier de la radio française est l’objet de son dévouement et de son affection. Suite à son départ de La Survivance, il se consacre à l’histoire des Oblats et publie : « Forgeron de Dieu » (vie du frère Antoine Kowalczyk), « Grand Chef des Prairies » (vie du père Lacombe), « Monseigneur Grandin vous parle », « Vital Grandin », « Au Pays des Peaux-de- Lièvres » (vie du frère Kearney). On lui doit aussi les paroles de 27 cantiques que l’on retrouve dans le recueil du père Conrad Latour, une his- toire du Cap-de-la-Madeleine et ses impressions de voyage en Europe intitulées « Paysage de l’Année Sainte ». Il est mort le 17 juin 1965.

1940

L’Église

Mgr Joseph Trocellier, coadjuteur au Mackenzie, est consacré le 8 septembre 1940 par Mgr Breynat, vicaire apostolique du Mackenzie.

Les politiciens francophones

Le 29 janvier 1940, le docteur Aristide Biais est nommé sénateur. Il remplace Patrick Burns qui lui avait été nommé pour remplacer Prosper-E. Lessard. Né en 1875 à Berthier, Biais reçoit son diplôme de médecin à l’Université Laval en 1899 et après deux ans de spécialisation en chirurgie à Paris, il arrive dans l’Ouest, à Saint-Albert et puis à Edmonton. Il est associé au Dr Philippe Roy, le premier sénateur franco-albertain et plus tard le représentant du Canada à Paris. En 1916, le Dr Biais s’inscrit dans le corps médical de l’armée canadienne et est nommé responsable d’un hôpital militaire en France durant les deux dernières années de la Première Guerre mondiale.

Aux élections provinciales de 1940, en plus de Beaudry et Maynard, Lionel Tellier est élu dans le comté de Saint-Albert comme député indépendant et A.-V. Bouvier dans celui du Lac-Saint-Anne. Dans le comté de Grouard, Harry Tremblay est réélu alors qu’il est au service de l’armée canadienne. Il était venu de l’est du Canada comme agronome bilingue. Il avait été élu dans Grouard lors d’une élection partielle après le décès de L.-A. Giroux.

Joseph-Miville Déchène est élu au Parlement fédéral en 1940 et y siège jusqu’en 1958.

Les associations francophones nationales

Au Comité permanent de la survivance (langue) française en Amérique, toutes les sociétés et associations, mêmes celles de l’Acadie et des Etats-unis, sont représentées. Le Dr Beauchemin est élu vice-président du Comité permanent en septembre 1942. En 1945, le comité organise le sou de la survivance dans toutes les écoles françaises de l’Amérique du Nord où l’on demande un sou par année à chaque élève.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

L’ACFA établit une bibliothèque scolaire française à l’école Plamondon. C’est la huitième bibliothèque du genre fondée dans les écoles avec un total d’environ six cents livres français. En mai l’ACFA fondait la bibliothèque de Fort Kent et celle à l’école Dubuc de Vegreville en avril 1940.

Les services francophones

La radio

En mai 1940, l’ACFA, l’Association d’éducation canadienne-française du Manitoba et l’Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan unissent leurs forces en vue de faire pression sur Radio-Canada pour avoir plus d’heures en français et surtout pour obtenir un bulletin quotidien de nouvelles en français au poste de Watrous.

Les trois associations publient une série de manifestes adressés à Radio-Canada dans lesquels ils font connaître leurs exigences. Leurs efforts ont un certain succès. En octobre 1940, Radio-Canada annonce que CBK (Watrous) va diffuser trois émissions hebdomadaires en français et va nommer un annonceur français. Concrètement, il ne s’agit que de 45 minutes sur 6 900 minutes par semaine mais c’est un début.

En juin 1941, Radio-Canada commence à diffuser un bulletin de nouvelles quotidien de quinze minutes. Ayant obtenu sept heures et demie de temps d’antenne en français chaque semaine alors qu’il n’y en avait pas, les associations nationales mettent fin à leur campagne tout en demeurant vigilantes. Mais à compter de 1942, on accuse des pertes.

L’éducation

Etant donné l’importance qu’il y a pour l’ACFA de s’intéresser aux élèves de langue française de l’Ecole normale, le père Patoine offre d’organiser un cercle d’études pour les normaliens et normaliennes catholiques de langue française. Ce groupe sera connu en 1944 sous le titre de Société d’enseignement postscolaire. Parmi les projets organisés il y a les lundis littéraires, les conférences à la radio et les cours de français pour adultes.

Bonnyville

La Caisse populaire Saint-Louis est incorporée sous le nom de St Louis Savings and Credit Union Ltd le 7 mai 1940 (certificat No 29). Aujourd’hui les membres de la Caisse populaire profitent d’un service bancaire complet.

À Bonnyville, les Soeurs de l’Assomption entrent dans leur nouveau couvent le 18 décembre 1940.

Saint-Albert

On construit un pon t sur le nouveau grand chemin de Saint-Albert.

1941

L’Église

Les Oblats de Marie-Immaculée célèbrent le centième anniversaire de l’arrivée de leurs premiers missionnaires en terre canadienne.

L’éducation

Le père Fortier est nommé recteur du Collège des Jésuites.

M. Rosaire Racette est nommé inspecteur d’écoles.

 

À l’occasion du congrès général de l’ACFA, on établit les bases de la Société d’enseignement postscolaire, section française de la Société d’éducation adulte. Le président est M. Paul Hogue de Morinville. Cet organisme a pour b ut le perfectionnement de l’éducation des adultes et l’amélioration de la condition des francophones à tous points de vue.

Girouxville

En 1941, un groupe de citoyens fonde la Caisse populaire Girouxville et district. En 1966, le nom change à Caisse populaire Girouxville Savings and Credit Union Ltd.

La Caisse Francalta et ses succursales à Falher, Donnelly et Saint-Isidore transfèrent le Ie mars 1987 et le nom change à Caisse Populaire Girouxille and District Savings and Credit Union Ltd.

LaCorey

Les Soeurs de l’Assomption arrivent à LaCorey.

Maillaig

La paroisse Saint-Jean de Brébeuf de Mallaig est fondée en 1941.

Saint-Albert

Les Petites Filles de Saint-Joseph de Montréal prennent charge du service domestique au presbytère de Saint-Albert.

1942

L’Association canadienne-française de l’Alberta

M. Laurent Hébert, ancien élève du Collège des Jésuites, est nommé secrétaire général de l’ACFA.

Les services francophones

Les journaux

Un incendie menace de détruire l’édifice de La Survivance en mars 1942. L’intérieur de la bâtisse et la machinerie sont endommagés. 

De 1939 à 1953, le père Breton est rédacteur de La Survivance. Breton est aussi un des principaux artisans de la radio. Au plus haut de la lutte pour la radio de 1944 à 1949, Breton se fait remplacer par le père S. Pelletier.

Girouxville

Les religieuses de Sainte-Croix arrivent à Girouxville en 1946. Elles ouvrent un pensionnat pour 62 élèves. En 1949, le pensionnat loge 101 personnes.

Maillaig

Mallaig a obtenu une charte pour la fondation
d’une caisse populaire.

Une personnalité intéressante

M. le Juge Lucien Dubuc d’Edmonton est nommé pour un terme de trois ans membre du Bureau des gouverneurs de la University of Alberta.

1943

Le Canada

La Survivance rapporte que la paroisse Saint-Joachim compte 62 militaires. Deux jeunes sont déjà morts au champ d’honneur; il s’agit de Paul Turgeon et d’Augustin Turgeon.

Le 5 mai 1943, La Survivance publie le nom de tous les militaires canadiens-français en provenance des paroisses francophones. Le nombre se chiffre à 837 et cela n’inclut pas les statistiques d’une dizaine d’endroits.

Alberta

Ernest C. Manning est le premier ministre de l’Alberta (gouvernement Social Credit qui entre au pouvoir le 31.05.1943).

Les associations francophones nationales

En 1943, le Comité permanent de la survivance française en Amérique décide de donner son appui total aux Canadiens français de l’Ouest sur la question de la radio et se propose d’organiser une collecte de fonds au Québec en 1944 pour contribuer à la création de stations de radiodiffusion.

Le Comité permanent est composé de représentants de toutes les associations nationales d’Amérique du Nord et le Dr Beauchemin, le président de l’ACFA, est un des vice-présidents. Le président du Comité permanent est Adrien Pouliot, le doyen de la Faculté des Sciences de l’Université de Montréal. Il est aussi membre du conseil d’administration de Radio-Canada. Il jouera un rôle clef dans la demande de permis pour les stations de radio, demande qui a été faite au ministère des Transports dont Radio-Canada relève par les trois associations nationales de l’Ouest : l’Association canadienne-française de l’Alberta, l’Association d’éducation canadienne-française du Manitoba et l’Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

L’ACFA demande au ministère de l’Agriculture que le district d’agronome d’Edmonton reçoive les services d’un agronome bilingue; M. Fontaine de Saint-Paul y est attaché par la suite. M. Paul Gibeau, agronome, est nommé assistant de M. Fontaine à Saint-Paul.

Les services francophones

La radio

En 1943, les trois associations nationales de l’Ouest, l’ACFA, l’Association d’éducation canadienne-française du Manitoba et l’Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan créent une compagnie, Radio-Ouest française (ROF). On s’entend pour confier à Maurice Baudoux, p.d., la direction générale des affaires de la ROF jusqu’à l’organisation du comité interprovincial qui doit tenir sa première réunion à Saint-Boniface en janvier 1944. 

L’éducation

Suite à la fermeture du Collège des Jésuites d’Edmonton en 1941, la population francophone de l’Alberta perd son seul collège d’enseignement supérieur. On demande à Saint-Jean d’accueillir non seulement ceux qui s’intéressent à la vocation religieuse mais tous les jeunes. Saint-Jean devient alors un collège classique.

Eaglesham

La paroisse Saint-François-Xavier d’Eaglesham est fondée en 1943.

LaCorey

Fondation d’une caisse populaire à LaCorey.

Lafond

La Caisse populaire Saint Bernard of Lafond Savings and Credit Union Ltd est fondée par le père Paul Mailloux.

Plamondon

Plamondon fonde sa caisse populaire.

Une personnalité intéressante

Le 20 juin 1943, M. Alphonse Hervieux est décédé à l’âge de 64 ans. Il aura beaucoup marqué le théâtre français en Alberta.

1944

Les politiciens francophones

M. Pilon est réélu président de l’Association des commissaires d’écoles de langue française de l’Alberta. En novembre, lors de l’assemblée annuelle des commissaires d’écoles catholiques il est réélu directeur catholique sur l’exécutif de l’Alberta School Trustees’ Association.

L’église

Il y a 40 paroisses françaises rurales en Alberta en 1944.

En 1944, Mgr Routhier est nommé évêque coadjuteur de Mgr Langlois. L’année suivante, le 8 septembre, il reçoit sa consécration episcopate. Il est le premier Franco-Albertain à accéder à la dignité épiscopale. Né à Pincher Creek dans le sud de l’Alberta, Mgr Routhier dirige le vicariat apostolique de Grouard jusqu’en 1972. En 1967, le vicariat devient l’archidiocèse de Grouard McLennan.

L’éducation

Suite à plusieurs démarches du père Fortier et de l’ACFA auprès du ministre de l’Education, S. Low, le ministère de l’Education nomme un comité pour faire réviser le programme de français de la Ie à la 8e année en vue de le rendre plus conforme aux méthode s modernes. Soeur Aimée-du-Divin-Coeur des Soeurs de l’Assomption a fait la plus grande partie du travail préliminaire de cette révision.

Les services francophones

La radio

En Alberta, le comité provincial de la radio a été organisé le 5 décembre 1943 par l’exécutif de l’ACFA et se réunit pour la première fois le 3 janvier 1944. La réunion a pour but de commencer l’organisation de la campagne de prélèvement de fonds pour la création d’un poste de radio privé en Alberta. La cueillette de fonds se poursuit en 1945.

En juin 1948, une autre collecte de fonds est lancée. En août, on a dépassé les 65 000 $ en dons et en promesses mais la somme versée comptant se chiffre à 58 284,28 $.

En tout, les 45 000 Franco-Albertains ont versé 140 000 $ soit une moyenne de 200 $ par famille pour le poste CHFA. 

Lors d’une rencontre à Saint-Boniface de Radio-Ouest française (ROF) en janvier 1944, le Dr Beauchemin de PAlberta est élu président, l’abbé d’Eschambault du Manitoba est élu vice-président et M. de Margerie de la Saskatchewan est élu secrétaire-trésorier. Maurice Baudoux, p.d., est nommé délégué de pouvoirs. Le siège social de la ROF est à Vonda en Saskatchewan.

En février 1944, Baudoux dépose quatre demandes de permis au Bureau du contrôleur de la radio à Ottawa. Les quatre stations de radio seront situées à Saint-Boniface, à Gravelbourg, à Prince-Albert et à Edmonton.

Une délégation de la ROF rencontre les gouverneurs de Radio-Canada le 27 mars 1944. La délégation fait bonne impression mais la décision finale est remise à la réunion du 8 mai. En avril 1944, une rumeur circule que seul le permis de Saint-Boniface sera accordé. Le 4 mai, l’Assemblée législative du Québec adopte une motion recommandant à Radio-Canada d’accorder les permis demandés. La motion proposée par Jacques Dumouli n (libéral, Québec-Montmorency) a remporté un appui unanime.

Le 8 mai 1944 le Bureau des gouverneurs de la SRC accepte d’octroyer un seul permis, celui de Saint-Boniface. La station CKSB de Saint-Boniface ouvre le 19 mai 1946.

 

Saint-Albert

La Caisse populaire est fondée à Saint-Albert par le père Bidault et Bill Veness. Earl Moffet, agent d’élévateur à Vomer, en est le premier président et Léo Belhumeur le premier secrétaire.

Les politiciens francophones

Aux élections provinciales de 1944, le comté de Grouard est perdu. William Fallow remporte la victoire comme candidat créditiste. Il a défait H. Tremblay qui n’est pas de retour de la guerre et qui doit faire sa campagne « in absentia ». Fallow devient ministre des Travaux publics et sera mêlé aux luttes de ces années-là pour la fondation d’une station de radio française en Alberta. Il fait adopter par l’Assemblée législative une résolution deman- dant au gouvernement fédéral de refuser le permis aux francophones de la province.

Les services francophones

Le centre francophone

Une des premières fois que la question d’un Centre français se pose est lors de la réunion de l’ACFA le 23 janvier 1944. L’honorable Lucien Maynard suggère le plan suivant au Dr Beauchemin, le président général, et aux mem- bres de l’exécutif : cinquante Canadiens français souscrivent un montant mensuel pendant cinq ans et l’argent perçu est utilisé pour créer un fonds. On peut alors construire une salle de réunions à Edmonton pour les Canadiens français. Un comité d’organisation préliminaire est formé. En février, le comité a déjà obtenu une charte du gouvernement de l’Alberta sous le nom The Centre Français Co-operative Association Limited. En avril, 41 membres ont contribué 2 000 $. Mais le plan ne fonctionne pas et les sommes soucrites sont remises.

En 1957, on fait encore un autre essai. Un comité chargé d’étudier le problème d’un centre français a été formé. Il est présidé par le Dr Aimé Ares. Mais en octobre de la même année, l’ACFA décide de donner priorité à la télévision française et le projet du centre est abandonné. Il y aura d’autres tentatives au fil des ans. Le projet sera enfin réalisé en 1997. 

Le théâtre

Le Théâtre Français produit en 1944 une série de pièces françaises à la demande du Conseil Lavérendrye des Chevaliers de Colomb.

L’Église

La paroisse Saint-Joachim d’Edmonton

Jean Patoine est nommé curé de Saint-Joachim jusqu’en septembre 1953. Il remplace le père Boucher devenu supérieur provincial des Oblats.

Une personnalité intéressante

M. Rodolpe Laplante, ancien rédacteur de La Survivance et ancien directeur-général de l’ACFA, est nommé président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec.

L’honorable juge L. Dubuc est nommé juge en chef de la Cour de district d’Edmonton. C’est une position nouvellement créée par le ministère de la Justice. Le Juge Dubuc avait été nommé juge de la Cour de district (fédéral) en 1920. L’année suivante, il était promu juge local de la Cour suprême en Alberta. Il est aussi ancien président général de l’ACFA.

Grâce aux démarches de l’ACFA, le ministère de l’Agriculture de l’Alberta nomme M. Laurent Gareau agronome pour le district de la Rivière-la-Paix. Il est le cinquième agronome bilingue que l’ACFA obtient depuis quelques années.

1945

Le Canada

Le gouvernement fédéral émet les chèques d’allocations familiales bilingues au Québec. La pratique est étendue au Canada en 1962.

L’Alberta

En 1945, suite à un débat tumultueux, Percy Page (Indépendant, Edmonton) présente à l’Assemblée législative albertaine une motion demandant à Radio-Canada, au nom de l’unité nationale, de ne pas accorder un permis à des stations de langue autre qu’anglaise. Le ministre Fallow propose un amendement qui est adopté. 

La motion de Page s’oppose spécifiquement à l’octroi de permis à une station française parce que les ‘Français’ sont un groupe minoritaire. Fallow argumente que CKUA s’est vu refuser un permis commercial parce qu’une décision de Radio-Canada sur la radio française est immi- nente et que la cause de CKUA en subit les conséquences. Radio-Canada déclare ne pas vouloir accorder un permis à CKUA puisque ce poste est la propriété du gouvernement albertain. Lucien Maynard va défendre les intérêts des francophones sans trop de succès.

L’Église

En septembre 1945, le cardinal Villeneuve, archevêque de Québec, consacre Mgr Anthony Jordan, vicaire apostolique de Prince-Rupert, et Mgr Henri Routhier, vicaire apostolique de Grouard. Le révérend Anthony Jordan est consacré archevêque coadjuteur d’Edmonton à l’église de Saint-Albert.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

M. Arcouette devient le nouveau secrétaire-général de l’ACFA. Il va donner sa démission en juin 1946.

Le commerce

L’édition du 30 mai 1945 du journa l La Survivance rapporte que les Franco-Albertains ont à leur service vingt caisses populaires toutes très florissantes. La première caisse établie en Alberta le fut par un Canadien français : le Dr L.-O Beauchemin de Calgary, président de l’ACFA de 1934 à 1946. Lorsque le parlement provincial légifère sur les caisses, la caisse française de Calgary compte déjà deux années d’existence.

Les services francophones

Le livre

On craint la disparition de la Librairie française de M. Pigeon. Celle-ci permet aux enseignants francophones de se procurer une foule de livres français non autorisés par le ministère de l’Education et que VAlberta Book Store ne vend pas.

L’éducation

M. Lavallée rapporte à l’Exécutif de l’ACFA que grâce au travail du Comité d’éducation de l’ACFA l’heure journalière de français qui autrefois n’était pas accordée après la 8e année est maintenant enseignée en 9e année.

Le ‘Vocabulaire français gradué’ que le père Fortier a composé avec l’aide des instituteurs bilingues a été autorisé officiellement par le ministère de l’Éducation de PAlberta.

Beaumont

Le village de Beaumont forme une coopérative pour acheter une installation électrique centrale qui va éclairer tout le village. Cet appareil est placé dans le garage d’Henri Gobeil. En 1947, le pouvoir électrique de Calgary se rend au village. En 1949, la majorité des fermiers ont l’électricité.

Une personnalité intéressante

Le lieutenant-colonel M.-H. Tremblay est nommé commissaire du commerce par le gouvernement fédéral. Il était autrefois agronome et député provincial de Peace-River.

L’agronome J.-M. Fontaine quitte le district de Saint-Paul pour ceux de Morinville, Legal et Saint-Albert.

Le gouvernement provincial nomme M. Laurent Hébert inspecteur des Caisses populaires de PAlberta. M. Hébert est un ancien secrétaire-général de l’ACFA.

1946

Les associations francophones nationales

Le congrès des coopérateurs de l’Ouest a lieu à Edmonton en novembre 1946. Soixante délégués représentant toutes les branches de la coopération des quatre provinces de l’Ouest étudient la nouvelle législation fédérale sur la taxation des coopératives.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

Lors du treizième congrès général les n et 12 juillet 1946, l’ACFA entre dans sa 21e année.

Le Dr L.-P. Mousseau est élu président général de l’ACFA.

Pour la première fois, l’ACFA participe à l’Exposition provinciale de Québec dans le but de se mieux faire connaître.

Les associations francophones de l’Alberta

La Survivance annonce la tenue du congrès des coopérateurs de langue française à Edmonton le 25 avril. Le congrès est organisé par la Société d’enseignement postscolaire. Vingt-deux organisations, coopératives et caisses populaires y sont officiellement représentées. Lors du congrès, la Fédération des coopératives franco-albertaines est fondée et son président est M. Paul Sicotte de Falher.

Les buts de la Fédération sont :

a) de réunir les organismes locaux, régionaux ou provinciaux afin d’assurer le développement et la coordination du mouvement, la diffusion de la doctrine et la défense des intérêts coopératifs, 
b) de collaborer avec la Credit Union League of Alberta et c) de collaborer avec le Conseil canadien de la coopération.

Le commerce

La Fédération des coopératives franco-albertaines est fondée grâce au travail de l’ACFA et de la Société d’enseignement postscolaire. L’ACFA encourage aussi la création de caisses populaires paroissiales.

Les services francophones

Le livre
La Chambre de commerce des jeunes de Montréal veut répéter le beau geste que la Chambre accomplissait en 1942 en recueillant, pour les frères de l’Ouest, 10 000 volumes français.

Inauguration de la Librairie française de l’ACFA à Edmonton. La librairie de l’époque occupe un petit coin de l’édifice La Survivance. C’est plus un service qu’un commerce et celui-ci est relié au concours de français et à l’AEBA. Maurice Lavallée en est le grand responsable. En 1955, la Librairie française a la somme de i 069 $ en banque et son inventaire a été calculé à 2 516 $. On discute, cette année-là, de la possibilité d’ajouter un comptoir de disques français.

Ouverture du poste CKSB à Saint-Boniface, le premier poste français de l’Ouest.

L’éducation

Edmonton

Jean Patoine fonde un jardin d’enfance dans la paroisse Saint-Joachim. Les Soeurs de l’Assomption en ont accepté la direction.

L’association des éducateurs bilingues de l’Alberta (AEBA) est fondée. L’AEBA est responsable de préparer des programmes adéquats pour l’enseignement du français. L’association organise pendant plusieurs années des sessions de cours d’été au Collège Saint-Jean au bénéfice des professeurs bilingues.

En 1958, l’Association se compose de cinq groupements régionaux : les régions d’Edmonton (Cercle Lacombe), de la Rivière-la-Paix (Cercle Langlois), de Saint-Paul (Cercle Le Clainche fondé en février 1956), de BonnyviUe (Cercle Pie XI) et de Plamondon (Cercle Pie XII).

L’AEBA s’occupe de tout ce qui touche l’enseignement du français et de la religion puisqu’il n’existe aucun appui pour ces cours au ministère albertain de l’Éducation. Entre autres, l’AEBA établit le contenu des cours de français et de religion; elle s’occupe de l’enseignement et de l’évaluation de ces cours, du développement professionnel des enseignants et de tout un éventail d’activités pédagogiques (festivals de la chanson, concours d’art oratoire etc.) qui ont pour but de permettre aux élèves francophones de maintenir leur culture.

Beaumont

L’abbé Lapointe fonde la Caisse populaire Saint-Vital de Beaumont en 1946.

Calgary

Fondation de la coopérative d’habitation Sainte-Famille à Calgary.

1947

L’Alberta

L’Impérial Oil découvre du pétrole à Leduc, ce qui va permettre à l’Alberta de prendre le virage de la modernité. Par la suite, de nombreux forages sont effectués partout dans la province, permettant aussi de découvrir des sources importantes de gaz naturel, et provoquant une importante croissance démographique et une nouvelle ère de prospérité pour la région et la province.

Les associations francophones nationales

L’Association canadienne des éducateurs de langue française (ACELF) est fondée le 8 octobre 1947. Elle a pour but de servir la cause de l’éducation catholique et française du Canada, de susciter et stimuler l’action dans le domaine de l’éducation catholique et française et de favoriser la coopération et la coordination de tous les organismes d’éducation et de tous les éducateurs catholiques et français sur toutes les questions d’intérêt commun . L’association met aussi à la disposition des éducateurs de langue française un service de renseignements. La tenue des congrès alterne : une année on se réunit au Québec et l’autre on se réunit dans une province minoritaire. En 1957, à l’occasion du 10e anniversaire, le congrès de l’ACELF a lieu à Edmonton. C’est Jean Patoine qui l’organise. Celui-ci a lieu dans les édifices de la University of Alberta qui a gracieusement offert son campus.

Les associations francophones de l’Alberta

La création de l’Alliance française d’Edmonton date de peu après la seconde guerre mondiale. De 1947 au début des années 1980, les réunions et conférences de l’Alliance se déroulent à tour de rôle chez les uns et les autres ou dans des salles louées ponctuellement. Depuis 1997, le local de l’Alliance française est à la Cité francophone.

Les services francophones

La radio

Le 17 juin 1947, une délégation des trois provinces de l’Ouest se présente à nouveau devant le bureau des gouverneurs de Radio- Canada afin d’obtenir des permis de diffusion pour des stations françaises en Alberta et en Saskatchewan. Une première demande faite en 1944 n’a donné qu’un seul poste, celui de Saint-Boniface. Radio-Canada remet son jugement à une date ultérieure. Il faut préparer une application technique.

En septembre 1947, le bureau des gouverneurs décide de tenir la toute première réunion publique de son histoire à Calgary. Le cas d’une station de radio de langue française est une fois de plus soulevé et provoque une vive controverse. Le député Fallow et un certain nombre de ministres protestants présentent des mémoires en opposition.

Le 23 janvier 1948, l’ACFA et le comité de la radio se présente à nouveau devant les gouverneurs de Radio-Canada. La délégation se compose du Dr Beauchemin (président de Radio-Edmonton limitée), du Dr Mousseau (président de l’ACFA), de J.-M. Déchène (député à la Chambre des Communes), de P.-E. Poirier (vice-président de l’ACFA et conseiller juridique) et d’André-M. Déchène (vice-président de l’ACFA).

Ils présentent un document de 70 pages pré- paré par le père Breton, un des plus fervents défenseurs de la radio. Le mémoire expose la situation en Alberta et est accompagné d’un mémoire technique détaillé et des lettres et pétitions à l’appui : 76 508 signatures provenant de 305 institutions, 650 lettres, 32 résolutions et motions et 31 télégrammes. De plus les bureaux de Radio-Canada ont un dossier qui se compose entre autres de pétitions contenant près de 77 000 signatures. Ceux qui s’opposent à la requête n’ont que 514 signatures, 94 lettres, quinze résolutions et cinq télégrammes. Le 27 janvier, la presse rapporte que la décision des gouverneurs est remise.

Entre le 28 janvier et le 22 mars, plus d’une cinquantaine d’articles sont publiés dans une trentaine de journaux canadiens. Tous sont en faveur sauf les deux journaux anglophones d’Edmonton. De nombreux individus et orga- nismes appuient encore la radio française en Alberta. Par exemple, on rapporte que le Bureau des gouverneurs a reçu tout près de 10 000 signatures et des centaines de télégrammes suite à sa réunion du 23 janvier.

Les gouverneurs accèdent à la requête lors de leur réunion des 18-19 mars 1948. L’opposition tente un dernier effort pour empêcher la réalisation du poste français et cela auprès des membres du Cabinet. On rapporte que le premier ministre King serait intervenu pour classer l’affaire de façon définitive.

Le centre francophone

En mai 1947, à la salle Saint-Joachim d’Edmonton, avait lieu l’assemblée annuelle des membres de la coopérative le Centre français. La réunion est présidée par l’honorable L. Maynard. La valeur des parts sociales est de quatre dollars chacune. Pour avoir droit de vote, il faut avoir souscrit à au moins 36 parts.

L’éducation

Bien que le Collège Saint-Jean soit affilié au ministère de l’Education de l’Alberta pour le secondaire, le collège est aussi affilié à l’Université d’Ottawa pour les deux années de Belles-Lettres et de Rhéthorique. En 1947, on ajoute la philosophie. Dorénavant il est possible d’obtenir le titre de bachelier es arts d’Ottawa au Collège Saint-Jean.

Bonnyville

Les Chevaliers de Colomb de Bonnyville fondent le Conseil Therien no 2908.

Girouxville

Le regroupement des Chevaliers de Colomb de Grouard no 3025 organise sa première initiation le 23 février 1947. La charte du Conseil Grouard a été obtenue à la même date. La deuxième initiation est tenue à Falher le 18 mars 1948 et la troisième en août 1948. La première initiation française de Girouxville (57 membres) a lieu le 28 juin 1964 et une deuxième initiation de langue française (54 membres) a lieu à Girouxville en décembre 1966. En 1962, la fête du centenaire des Chevaliers de Colomb est célébrée au Sportex de Donnelly. Une initiation des deuxième et troisième degrés est tenue à Girouxville le 7 avril 1990.

La musique

Le premier festival français a lieu en 1947 sous l’égide de l’AEBA.

1948

Le Canada

Louis Stephen Saint-Laurent est premier ministre du Canada de 1948 à 1957 (gouvernement libéral du 15.11.1948 au 21.06.1957).

L’Église

Le grand pèlerinage annuel à la mission historique du lac Sainte-Anne a lieu les 18-19 juillet 1948.

On annonce la création d’un nouveau diocèse à Saint-Paul et la nomination de Mgr Maurice Baudoux, de Prud’homme en Saskatchewan, comme premier titulaire. Il sera remplacé par Mgr Louis-Philippe Lussier en 1952. Mgr Edouard Gagnon sera nommé en 1969 et Mgr Raymond Roy en 1972.

Fêtes grandioses de la consécration épiscopale de Mgr Maurice Baudoux, premier évêque de Saint-Paul par Mgr Ildebrando Antoniutti, délégué apostolique au Canada en octobre 1948.

Les paroisses Saint-Dominic de Cold Lake et Saint Raphaël de LeGoff deviennent partie du nouveau diocèse de Saint-Paul sous la direction de Mgr Baudoux.

Les politiciens francophones

L’honorable L. Maynard, le procureur général et M. J.W. Beaudry sont réélus aux élections provinciales de l’Alberta en août 1948.

M. André Déchène, avocat, est élu secrétaire trésorier du barreau d’Edmonton. La même année il se présente comme candidat libéral dans le comté de Grouard à l’élection provin- ciale. C’est le Dr Wood de High Prairie qui remporte la victoire. Wood démissionne en 1951.

Les associations francophones nationales

M. P.A. Sicotte représente l’Alberta au congrès des coopérateurs de langue française du Canada qui se tient à Saint-Boniface les 23-24 juin 1948.

En août, le père A. Berthold, visiteur des écoles, représente l’Alberta au congrès de la nouvelle association des éducateurs français du Canada à Ottawa.

Le Comité permanent de la survivance en Amérique célèbre le dixième anniversaire de son établissement.

Ouverture de l’Exposition de Québec où pour la troisième année consécutive les Franco-Albertains ont un kiosque sous la direction de l’agronome J.M. Fontaine. La Survivance publie une édition spéciale. Dix mille exemplaires sont distribués gratuitement au kiosque de l’Alberta, à Québec.

Le Dr Beauchemin représente l’Alberta au congrès annuel de la Fédération canadienne-française de la Colombie-Britannique en septembre et lors de la réunion annuelle du Comité permanent de la survivance française en Amérique tenue à Québec du 24 au 28 septembre.

L’Association canadienne-française de l’Alberta

Les directeurs de l’ACFA engagent un propagandiste qui s’occupera exclusivement des cultivateurs canadiens-français. M. R. Dion, agronome au ministère de l’Agriculture à Québec, entre en fonction le Ier janvier.

Les services francophones

En décembre, La Survivance annonce que dans quelques jours, l’almanach français de l’Alberta sortira des presses.

La radio

Le 20 mai, le père Breton indique au Dr Beauchemin, le président de la ROF, qu’il serait enclin à choisir CH pour les deux premières lettres utilisées pour nommer le nouveau poste de radio française en Alberta. Et pour les deux dernières, il suggère FA pour Franco-Albertain. Le 30 juin 1948, La Survivance annonce que le choix est décidé. Le poste français d’Edmonton se nomme CHFA. Lors de l’ouverture officielle on attribue la signification suivante aux lettres CHFA : C-courage, H-héroïsme, F-fïerté, A-amour.

Le livre
Environ 8 ooo volumes français ont été expédiés à l’Alberta par la Chambre de commerce des jeunes de Montréal. Ces livres sont distribués dans les écoles bilingues de l’Alberta.

La Librairie française de l’ACFA entre dans sa troisième année d’existence. En 1946, la Librairie Pigeon d’Edmonton ayant fermé ses portes depuis quelque temps, les directeurs de l’ACFA décident de combler le vide. Inaugurée sans le sou, elle a réussi après deux ans d’opérations à se suffire à elle-même.

La radio

Le contrôleur de la radio annonce que le département fédéral du Transport accepte la recommandation des gouverneurs de Radio-Canada et accorde un permis d’exploitation à Radio-Edmonton. Le poste aura une puissance de 5 000 watts et la fréquence 680.

Radio-Edmonton achète deux lots sur l’avenue Jasper pour y construire ses studios. Mais le Comité de la radio n’a pas les fonds nécessaires pour bâtir les studios. Le poste sera hébergé à l’édifice La Survivance. Les deux lots sur l’avenue Jasper sont vendus pour la somme de 9 000 $.

Le 28 mai, le père Breton fait l’achat du terrain où sera construit le transmetteur du poste CHFA et où s’élèveront les antennes. Le terrain est situé à un mille et demi des antennes de CKUA et du chemin de Calgary en direction de l’est. Le terrain a coûté 1oo $ l’acre mais il a fallu prendre 80 acres.

Le système de transmission comporte trois tours de 230 pieds de hauteur chacune. Pour ce qui est de la construction de l’édifice de l’émet- teur, les gens de Beaumont se sont engagés à fournir gratuitement la main-d’oeuvre nécessaire.

Les journaux
Le 16 novembre 1948, La Survivance complète 20
ans d’existence.

La radio
En septembre, le comité de Radio-Edmonton décide d’accorder le contrat du poste CHFA à R.C.A. Victor.

Le 3 décembre, M. R. Leclair est engagé comme gérant du poste CHFA.

L’éducation

Le concours de français de PAlberta sous les auspices de l’ACFA a lieu le 29 mai 1948.

Une réunion de l’Amicale du Collège Saint-Jean a lieu le 2 juin 1948.

Le dernier examen de catéchisme de l’année organisé sous les auspices de l’Association des éducateurs bilingues de l’Alberta (AEBA) a lieu le 4 juin.

Le concours de catéchisme organisé par l’Association des éducateurs bilingues a lieu le 19 mars.

Le congrès régional des éducateurs a lieu à Bonnyville les 12-13 octobre.

Les 10-11 juillet, le congrès annuel de l’Association des éducateurs bilingues de l’Alberta réunit une centaine de délégués de toutes les parties de la province. Mgr H. Routhier est au nombre des conférenciers. Une brochure sur « Nos traditions nationales » est publiée par l’AEBA.

Beaumont

Le père Breton fait une demande à toutes les familles canadiennes-françaises de Beaumont pour obtenir des contributions financières pour la radio française et 125 familles répon- dent à cet appel. De plus, les paroissiens de Beaumont offrent de fournir gratuitement toute la main-d’oeuvre pour les travaux en cours au terrain du transmetteur situé à quelques milles au nord de Beaumont.

Donnelly

La paroisse de Donnelly célèbre le 25e anniversaire de sa fondation en mai 1948.

Guy

En février 1948, on termine la construction de la nouvelle école séparée de Guy.

Jean-Côté

L’électrification rurale de Jean-Côté est organisée. Il est décidé de diviser le district en deux branches, Jean-Côté-Nord et Jean-Côté-Sud. À l’automne de 1953, les membres reçoivent le pouvoir électrique. Deux ans plus tard, les deux branches se joignent pour former l’Association rurale de Jean-Côté.

En 1960, les associations de Jean-Côté, Lac Magloire et Donnelly Heights s’amalgament et prennent le nom de Jean-Côté R.E.A. En 1981, l’Association rurale de Jean-Côté vend sa ligne à Alberta Power Ltd.

En 1954, on organise l’association de l’électrification rurale de Girouxville-Ouest. A l’automne 1956, vingt membres de Girouxville-Ouest reçoivent l’électricité. En 1982, Girouxville-Ouest R.E.A. vend sa ligne à Alberta Power Ltd.

Legal

Bénédiction de la nouvelle école de Legal.

Plamondon

Monument élevé au fondateur de Plamondon à l’occasion du 25e anniversaire de sa mort en juillet 1948.

Rivière-la-Paix

Arrivée d’un groupe de colons de l’Est. Ce groupe comprend 62 personnes qui se dirigent vers la Rivière-la-Paix.

Exposition agricole régionale de la Rivière-la-Paix tenue à Falher en août.

L’histoire et la recherche

Une fête des pionniers d’Edmonton a lieu le 20 juin sur les terrains du Collège Saint-Jean.

La musique

Le Festival de la Bonne chanson à Edmonton remporte un éclatant succès. C’est le deuxième festival français d’Edmonton qui regroupe les écoles d’Edmonton, de Morinville, de Legal, de Vimy, de Picardville, de Beaumont, de Saint-Albert, de Lamoureux et de Villeneuve.

Gédéon Pépin, maître de chapelle de Saint-Joachim d’Edmonton, célèbre ses soixante ans comme organiste.

 

Une personnalité intéressante

Le 11 septembre 1948, on annonce la retraite de l’honorable juge Lucien Dubuc, pour cause de santé. Il était juge en chef de la Cour de district d’Edmonton.

À l’emploi de l’Imprimerie La Survivance depuis 14 ans, Josaphat Baril est nommé gérant de cette imprimerie.

On annonce la nomination du colonel Ernest Côté, ancien d’Edmonton, comme conseiller juridique auprès de la délégation permanente du Canada aux Nations Unies.

Décès à Falher de M. Ephrem Doucet, à l’âge de 87 ans. Il laisse après lui vingt-et-un enfants et de nombreux petits-enfants.

L’agronome L. Gareau vient d’être nommé par le gouvernement provincial à la direction du district agronomique de Bonnyville, nouvellement formé. L’agronome Marcel Chevrette aura la charge de celui de Saint-Paul.

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