De 1775 à 1840

Qu’est-ce que qui se produit à l’est du pays, chez les voisins du Sud et sur les plaines de l’Ouest pendant la période allant de 1775 à 1840?

En 1783, l’Angleterre accorde l’indépendance aux treize colonies, après les sept années qu’a duré la Révolution américaine.

Sur la scène nationale

En terre canadienne, l’Acte constitutionnel de 1791 divise la province de Québec en deux provinces, à savoir le Haut-Canada (l’Ontario) et le Bas-Canada (le Québec). Chaque province est gouvernée par un conseil exécutif dirigé par un gouverneur nommé par Londres et par un conseil législatif dont les membres sont nommés par l’exécutif. Suite aux rébellions survenues en 1837 et 1838, l’Acte d’Union, adopté en juillet 1840 et proclamé en février 1841, unit le Haut-Canada et le Bas-Canada pour former la province du Canada (ou Canada-Uni). L’usage du français est aboli dans les institutions publiques. L’article 41 de cette loi constitutionnelle prescrit que la langue anglaise sera la seule langue du Parlement et des lois, sans pourtant empêcher que des copies traduites ne soient faites.

 

Dans les Territoires du Nord-Ouest

Dans les plaines de l’Ouest, la Compagnie de la baie d’Hudson détient le monopole du commerce des fourrures et cela depuis 1670. En 1779, neuf groupes de marchands mettent fin à plusieurs années de concurrence et forment la Compagnie du Nord-Ouest. Dorénavant, celle-ci s’oppose activement à la Compagnie de la baie d’Hudson. Pendant toute la période allant de 1775 à 1840, les deux compagnies établissent des forts partout sur le territoire du Nord-Ouest.

En 1778, par exemple, Peter Pond établit un poste de traite sur la rivière Athabasca au nom de la Compagnie de la baie d’Hudson. En 1792, Angus Shaw, employé de la Compagnie du Nord-Ouest, construit le fort George sur la Saskatchewan-Nord. William Tomison, au service de la Compagnie de la baie d’Hudson depuis trente-cinq ans, entreprend la construction du premier fort Edmonton situé à un coup de mousquet du fort Augustus construit en 1795 par Angus Shaw de la Compagnie du Nord-Ouest.

En 1799, le territoire de ce qui va devenir l’Alberta compte 18 forts des compagnies de la baie d’Hudson et du Nord-Ouest. Quelques-uns de ces forts tel que le fort Edmonton sont déménagés plusieurs fois afin de pouvoir mieux profiter du gibier.

En 1811, la Compagnie de la baie d’Hudson cède un grand territoire à lord Selkik qui établit la colonie de la Rivière Rouge. Plus tard cela devient l’Assiniboia puis le Manitoba en 1870.

En 1821, les rivalités entre les deux compagnies cessent alors que la Compagnie de la baie d’Hudson absorbe la Compagnie du Nord-Ouest et à Edmonton, le fort Augustus cède la place au fort Edmonton.

Avant 1818, l’Eglise est encore absente, n’ayant pas les ressources nécessaires pour desservir tout cet immense territoire. Parmi les premiers missionnaires il y avait eu le père jésuite Charles-Michel Mesaiger qui accompagnait Lavérendrye et le père Jean-Pierre Aulneau de la Touche tué au lac des Bois avec 20 compagnons en 1736. Le père Claude-Godefroy Coquart avait séjourné au fort la Reine de 1743 à 1744 et le père Jean-Baptiste de la Morinie de 1750 à 1751. Après eux, l’Ouest reste 65 ans sans la visite d’un prêtre.

En 1818, l’abbé Joseph-Norbert Provencher arrive à la Rivière-Rouge. Il porte alors le titre de vicaire général. En 1844, il sera nommé le premier évêque du nouveau vicariat de Saint-Boniface. Mais le vicariat compte peu de prêtres. En 1822, ils ne sont que cinq pour desservir un territoire plus vaste que l’Europe.

Parmi les premiers religieux qui visitent l’Alberta il faut compter le père de Smet, un jésuite belge, qui passe au fort des Prairies à Edmonton en 1828. En 1838, François Blanchet et Modeste Demers s’arrêtent quelques jours au fort Edmonton. Ils sont en route pour fonder la mission du Pacifique. Pour les fidèles de la paroisse Saint-Joachim d’Edmonton, cette visite marque le tout début de leur paroisse.

Pendant la période entre 1778 et 1840, les chasseurs sont plus nombreux que les missionnaires et l’Ouest est d’abord et avant tout un endroit où les fourrures abondent.

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